mercredi 1 avril 2026

Nouvelles du fond

Voici quelques nouvelles, garanties sans poisson d'avril : 

- La très utile Scénariothèque vient de mettre son interface à jour : il était temps, diront les esprits chagrins, car tout cela datait un peu. Inutile de dire que je recommande fortement ce site, incontournable pour tout rôliste qui se respecte. 

- La politique éditoriale de Posidonia/Le plumier des chimères n'en finit pas de m'étonner. Alors que des projets plutôt anciens ne sont toujours pas sortis (Ynn Pryddein, on en reparle ?), d'autres, plus récents et pas forcément plus attendus, sont livrés. Ainsi, le vieux jeu de rôle Mercenaires est disponible, en "dur" et en pdf. Des amateurs ?

- Pour les amateurs de jeux de plateau, j'ai intégré une page reprenant tous les billets liés à cette catégorie. Finies les heures passées à faire défiler toutes les pages du blog (ou pas) : il suffira de cliquer en haut à droite.

A bientôt pour d'autres articles ! 



lundi 30 mars 2026

Une saison horrifique

La cinquième saison de la chronique Maléfices que je maîtrise depuis pas mal d'années (je n'ose pas compter) vient de se terminer et, comme je l'ai fait pour les deux précédentes, je vous en livre un petit résumé, qui pourrait inspirer les Maîtres de Jeu en mal de matière. 

Les quatre scénarios (cela peut paraître peu, mais ils furent intenses) qui composèrent cette saison mémorable étaient parmi les moins linéaires de ceux que j'ai produits au cours de cette chronique et, jusqu'au bout, les obstacles qui se sont dressés sur le chemin des personnages n'étaient pas forcément prévus dès le départ. Cette saison fut sans doute la plus horrifique de toute la chronique et celle où les personnages ont été le plus menacés (mais, comme je le dis souvent, les gens heureux n'ont pas d'histoire). D'ailleurs, la conclusion de la saison fut l'occasion de bien des sacrifices.

Cette saison fut aussi pour notre tablée l'occasion de migrer vers la quatrième édition du jeu. Les personnages disposent maintenant d'un point de Destin (sa puissance reste bien limitée) et nous avons utilisé le Grand Jeu de la Connaissance pour les confrontations sur la Spiritualité ou la Rationalité. A propos de cette dernière caractéristique, qui remplace l'Ouverture d'Esprit, nous l'avions rebaptisée bien avant cette édition du jeu. Cela dit, nous devrions faire une entorse à ce système de confrontation, fort daté et plutôt incohérent, pour les épisodes à venir. Finies les prises de tête où un personnage, confronté à un événement fantastique, perd de la Spiritualité faute de croire à ce qui se passe sous ses yeux. 

J'avais envie d'un peu plus de légèreté pour la prochaine saison, mais le contexte de l'époque m'a inspiré autre chose. Nous allons donc rester sur Paris, en 1907 et le Club Pythagore va devoir..., mais je n'en dis pas plus. En attendant, si vous voulez un résumé de cette cinquième saison, c'est ici. 

Bonne lecture, à bientôt !

mardi 24 mars 2026

Nouvelles du fond

Et voici un petit wagon de nouvelles rôludiques, en attendant une prochaine recension d'un vieux magazine ou un petit scénario inédit. 

- Arkhane Asylum Publishing a fait saliver pas mal de monde avec un énigmatique compte à rebours, ces derniers jours. Le temps étant échu, on a découvert qu'il s'agissait de l'annonce d'un partenariat avec Ubi Soft, sur la licence Tom Clancy's The Division. Voilà donc une licence de plus dans la déjà très fournie collection d'AAP qui, cette fois, est en charge du développement et pas uniquement de la traduction. Reste à voir si cela donnera un jeu de rôle intéressant et suivi (hum).

- Dans les tuyaux d'Antre-Monde Editions, Empire va vous proposer une uchronie dans laquelle Napoléon n'a pas perdu à Waterloo. Les personnages, au service de Vidocq, sont chargés d'enquêter sur des phénomènes hors du commun. Le kit de démonstration est disponible sur leur site, en attendant un prochain financement participatif (évidemment). Il est à noter qu'une campagne de douze scénarios, Brumaire, est d'ores et déjà annoncée. 

- Puisqu'on parle de kit d'initiation, celui de la VF du jeu Thorgal est disponible gratuitement sur drivethruRPG. Tout cela est édité par Don't Panic Games, déjà aux commandes de l'adaptation rôludique de Cowboy Bebop. 

A bientôt pour un autre billet !


samedi 21 mars 2026

Maléfices : et maintenant ?

Dans la récente annonce d'Arkhane Asylum Publishing, les joueurs de Maléfices ont remarqué qu'il n'y avait aucune parution annoncée pour leur jeu préféré. Depuis le dernier supplément publié, Les enquêtes du Club Pythagore (tome 2), sorti à l'été 2025, on commençait à trouver le temps long et à se poser des questions, notamment au sujet des scénarios inédits dont j'avais parlé. Ces derniers, synonymes de sang neuf, étaient attendus de pied ferme : pour qu'un jeu de rôle vive, ce scénario est la matière première indispensable. 

Même si on est dans le "non-dit", cela ressemble à une mort annoncée de cette gamme. Malgré les annonces faites en début d'année dernière et la présence de pas mal de projets dans les tuyaux (le supplément consacré au Club Pythagore, celui qui devait évoquer La Brigade des Maléfices, entre autres), il va sans doute falloir faire notre deuil de cette édition de Maléfices, sans doute la plus belle mais aussi la plus brève, parce que pas assez rentable, probablement.

Cela dit, un jeu de rôle ne meurt jamais, tant qu'il continue à être pratiqué. Il n'y a pas si longtemps que j'ai troqué ma première édition de Maléfices contre sa quatrième incarnation, c'est dire ! Ce n'est pas demain que fermera le Club Pythagore. D'ailleurs, je vais continuer à publier de la matière pour ce jeu, dont des scénarios. Qu'on se le dise !



mercredi 18 mars 2026

Boréal

Voilà encore un article consacré à un jeu pour deux joueurs. Vous allez bientôt croire qu'ils sont majoritaires dans ma ludothèque. Il n'en est rien, même s'ils en représentent une part honorable. Boréal, édité par Spiral Editions (dont on avait repéré District Noir) nous arrive du Japon. Créé par Masafumi Mizuno, il propose aux joueuses de découvrir un monde oublié, en accumulant des cartes. Celles-ci ont un coût, une famille, un effet (immédiat) et une valeur en points (pour le scoring final). 


Les cartes que vont acquérir les joueuses sont posées et forment une pyramide (de 4 cartes à sa base) qui, lorsqu'elle sera terminée, annoncera la fin de la partie. A son tour, il faut acheter une des cartes de la rivière, à condition qu'elle soit située à gauche de notre boussole (la jauge de ressource pour le tour) et qu'elle soit dans nos moyens. Il est possible de réserver une des cartes de la rivière, ce qui permet de ne rien dépenser pour le tour. Ce dernier se termine par la récupération et le gain de boussoles (la "monnaie" de ce jeu). 




Une fois le jeu terminé, il n'y a plus qu'à compter les points sur la pyramide que l'on a formé, sachant que la valeur de certaines cartes dépend des autres cartes composant la dite pyramide. C'est simple, plutôt élégant et assez malin pour donner envie de rejouer. 

Boréal est, je crois, le seul jeu d'origine japonaise dont je dispose. J'ignore s'il est représentatif d'une éventuel culture ludique de ce pays, mais il porte en tout cas une véritable identité, élégante et efficace. Si on ajoute à cela des illustrations plutôt réussies et qui font le job, en terme d'immersion, le pari ludique est gagné. Voilà donc un petit jeu fort recommandable (en tout cas, je vous le recommande fortement). 

Boréal
Auteur : Masafumi Mizuno
Illustrations : Yuko Iwase
Edité par Spiral Editions

Prix conseillé : 29 €


samedi 14 mars 2026

De bonnes adresses

Un récent article paru sur le site d1000 et d100 a rappelé à pas mal de monde qu'un site internet (et a fortiori un blog) peut disparaître. Ces choses-là sont consommatrices de temps, d'énergie et, parfois, d'argent. Et, sur la toile, quand on ne publie rien pendant quelques jours, l'audience se casse la figure. Si l'absence se compte en mois, n'en parlons pas : c'est souvent la fin. 

Voici donc un petit tour d'horizon de quelques bonnes adresses rôludiques encore en activité : n'hésitez pas à leur rendre visite. Elles pourraient disparaître sans faire de bruit. 

Evoquant jeu de plateau et parfois jeu de rôle, La Boîte à Chimères propose des articles clairs qui donnent envie de tester les jeux présentés. Le blog de la boutique en ligne JdrCorner met à l'affiche quelques gammes de façon assez détaillée mais offre aussi des ressources intéressantes, dont des scénarios.  Enfin, dois-je présenter la Forge de Papier, qui propose des traductions de vieux (mais pas que) jeux de rôle ?

A bientôt pour un nouvel article !

samedi 7 mars 2026

Blade Runner

Ce n'est un secret pour personne : Blade Runner est un de mes films de chevet et j'attendais avec impatience la sortie du jeu de rôle officiel tiré de cette licence. Intrigué par la proposition rôludique, j'avais acquis la boîte d'initiation et en ai parlé dans ces colonnes. Dans la foulée, le livre de base (en VF) et son écran sont venus enrichir ma petite rôludothèque. 

Le livre de base est gros et affiche une vraie ambition esthétique, tout au long de ses 230 pages (environ). Sur la forme, il y a du bon, enfin du beau, notamment pour les illustrations et du moins bon, avec ce fond noir et ces blocs de texte parfois indigestes. 



Mais, au-delà de la forme, il y a aussi le fond. Et, là aussi, j'y ai trouvé du bon et du moins bon.  Ce livre contient du contexte, un système de jeu et quelques outils pour le futur Maître de Jeu, appelé ici le Blade Meneur (mouais...). Détaillons un peu tout ça. 

En matière de contexte, Blade Runner utilise tout le matériel cinématographique (le film original de 1982 et sa suite, Blade Runner 2049) ainsi que ce qui a été produit et a alimenté l'univers. Le jeu de rôle se positionnant en 2037, la chronologie des événements (la chute de Tyrell, le Black-out, etc.) installe déjà une première contrainte. Pour celles et ceux qui voudraient (comme votre serviteur) se cantonner au premier film, il y a donc pas mal de rabotage à faire. 

Le livre contient quantité d'informations sur l'univers. Les corporations, la ville de Los Angeles en 2037, le LAPD, tout cela est suffisamment détaillé pour se donner un bonne vision de l'univers. On notera un chapitre fort respectable sur le matériel disponible (ou pas, tout a un coût) pour les Blade Runners qu'incarneront les joueurs. 

Ces derniers vont pouvoir créer leurs personnages à partir d'archétypes. Ils pourront être humains ou réplicants et avoir des profils variés, de l'inspecteur au magouilleur, en passant par le fixer. Comme dans tous les jeux utilisant le Year Zero Engine, la création est rapide et efficace (c'est d'ailleurs un de ses nombreux points forts). 

La mécanique de ce système (incontournable ces derniers temps) a également, dans ses versions déjà déployées, une vraie efficacité, en plus de sa simplicité. Le choix tombait sous le sens : plutôt cinématographique, il peut être dangereux, voire mortel pour les personnages et cela collait parfaitement à l'univers. Mais lui greffer une couche supplémentaire de complexité avec les niveaux (et donc l'utilisation de dés allant du D6 au D12) me semble contre-productif. A l'utilisation, on risque de perdre en spontanéité. En tout cas, cela peut être un frein pour des joueurs débutants. Evidemment, l'éditeur nous propose des dés spéciaux, dont vous disposerez déjà si vous avez acquis la boîte d'initiation. 

Après la partie "mécanique" du livre (la création de personnages, la mise en œuvre du système, en particulier dans le cas des combats et des poursuites), on a droit à une épaisse description de la ville de Los Angeles et des pouvoirs (économiques et politiques en place), ainsi qu'à un chapitre détaillant la vie de ces enquêteurs pas comme les autres que sont les Blade Runners. La dernière partie du livre livre de nombreux outils pour le Blade Meneur et la mise en place des affaires 

Il n'y a pas de scénario dans ce livre de base, ce qui est fort dommage : on ne dira jamais assez l'importance de ce matériel, qui peut servir d'exemple et donner le "ton" du jeu. Cela dit, il suffit (hum) d'acquérir la boîte d'initiation pour obtenir ce genre de matériel. 

On notera un autre oubli plutôt fâcheux : il n'y a pas de feuille de personnage dans le livre de base (bien que ce soit annoncé). C'est vrai qu'on peut en télécharger à loisir, mais ça fait tout de même mauvais effet, d'autant plus qu'elles ne sont pas vraiment printer-friendly. C'est d'autant plus curieux que le livre de base contient un agenda de dossier (qui permet de suivre une session) : je pense donc sérieusement qu'il s'agit d'un oubli. 

Sur le fond, je ne peux m'empêcher de rester mitigé, quant à ce livre de base. En le refermant, je me suis demandé s'il était finalement possible d'adapter Blade Runner, rôludiquement parlant et si ma chronique (en chantier) n'allait pas rejoindre le cimetière des scénarios inutilisés. 


L'écran est livré sans rien de plus, alors qu'on aurait pu espérer récupérer les fameuses feuilles de personnages. Il est au format paysage et comporte trois volets, sublimes côté joueurs et efficaces du côté du MJ. Il ne reste plus qu'à s'en servir (ou pas). 

Blade Runner 
Concepteur principal : Tomas Härenstam
Illustrations : Gustaf Ekelund
Edité par Arkhane Asylum Publishing
Prix conseillé : 55 €

Ecran du Blade Meneur 
Prix conseillé : 29 €