Dans sa structure, il va proposer aux cinq personnages (même si une option envisage de passer à quatre PJ, c'est beaucoup de travail pour un résultat hasardeux) de visiter des quartiers de Loudun, jusqu'à un chapitre final assez redoutable, bien que prévisible. Ecrit par Michel Gaudo (dont le style très personnel peut rebuter), Les brasiers ne s'éteignent jamais fourmille, une fois n'est pas coutume, d'indications techniques : les compteurs de Spiritualité et d'Ouverture d'Esprit, notamment, devraient voir leurs valeurs varier fortement.
samedi 3 octobre 2026
Les brasiers ne s'éteignent jamais
Dans sa structure, il va proposer aux cinq personnages (même si une option envisage de passer à quatre PJ, c'est beaucoup de travail pour un résultat hasardeux) de visiter des quartiers de Loudun, jusqu'à un chapitre final assez redoutable, bien que prévisible. Ecrit par Michel Gaudo (dont le style très personnel peut rebuter), Les brasiers ne s'éteignent jamais fourmille, une fois n'est pas coutume, d'indications techniques : les compteurs de Spiritualité et d'Ouverture d'Esprit, notamment, devraient voir leurs valeurs varier fortement.
vendredi 22 mai 2026
Nouvelles du fond de l'asile
Après une série d'articles consacrés aux jeux de plateau, voici le retour des nouvelles rôludiques.
Arkhane Asylum Publishing est un éditeur très actif et qui compte nombre de licences impressionnantes dans son catalogue. Sa dernière communication en dit long sur ses ambitions : les sorties à venir prochainement sont légion et, connaissant la qualité des produits AAP, les amateurs devraient être ravis.
Le programme des sorties prochaines couvre toute l'année et, sur le deuxième semestre, quelques titres ont attiré mon attention. D'une part, Vaesen, que j'apprécie de plus en plus, devrait se voir enrichi de deux suppléments : La Grande-Bretagne et l'Irlande Mythique et Les Mystères des Saisons.
Du côté de Maléfices (jeu qui, vous le savez, m'est cher), Le deuxième volet des Enquêtes Maléficieuses est "en cours de relecture". Finalement, mon mauvais pressentiment quant à l'avenir de cette gamme était erroné. Même si c'est au compte-gouttes, il y aura bien de la nouveauté pour Maléfices et il ne s'agira pas de rééditions d'anciens scénarios.
Il ne nous reste plus qu'à nous armer de patience pour voir ces ouvrages arriver dans nos rôludothèques respectives.
lundi 13 avril 2026
La Belle Epoque en livres (partie 4)
J'avais, il y a quelques temps, consacré plusieurs billets à des livres relatifs à la Belle Epoque, qui pouvaient être source d'inspiration pour les jeux utilisant ce théâtre, ou tout simplement apporter quelques éléments de décor. Au fur et à mesure des scénarios, le besoin (et l'envie aussi) m'a poussé à continuer cette exploration. Voici donc quelques ouvrages qui pourraient intéresser les Maîtres de Jeu explorant la Belle Epoque, qu'ils utilisent Maléfices ou Crimes (pour ne citer que ces deux jeu).
Les maisons closes autrefois
A la Belle Epoque, la plus vieux métier du monde s'exerçait parfois dans des établissements spécialisés. Souvent enjolivées dans la fiction, les maisons closes peuvent être le théâtre de scènes intéressantes, à condition d'en user avec toute la réserve qui s'impose. Ce petit ouvrage a le mérite d'éviter le scabreux et de démystifier pas mal ces établissements.
Sans donner vraiment d'inspiration, il permettra de solidifier le décor d'une scène ou deux : qui sait qui on peut rencontrer, au détour d'un salon ? J'ajoute au passage que ce livre (facilement trouvable sur le marché de l'occasion) est doté d'une belle iconographie (pas forcément graveleuse, d'ailleurs).
La Sorcellerie autrefois
Dans la même collection et de la même autrice que le précédent, La sorcellerie autrefois aurait mérité d'être cité dans la bibliographie de Maléfices. Parcourant (rapidement, parce que le livre ne fait que 118 pages) l'Hexagone, on découvre quelques pratiques assez curieuses et pas forcément très connues. C'est dans cet ouvrage que j'ai découvert le "talent" qu'avaient certaines vieilles femmes de dialoguer avec les défunts sur leur tombe (ce fut utilisé dans un épisode de Maléfices).
Là aussi, ça se lit rapidement et c'est doté d'une belle quantité d'illustrations. Ce livre offrira plus d'idées à exploiter autour d'une table de jeu.
14-18 :Mourir pour la patrie
Si vous incarnez des personnages de la Belle Epoque (d'un côté ou de l'autre de l'écran), vous vous êtes parfois demandé ce qu'ils allaient devenir au cours de la Première Guerre Mondiale. Seront-ils mobilisés ? Reviendront-ils vivants et indemnes ? Même si ce conflit majeur est hors-sujet, les années qui précèdent font partie intégrante du décor de Maléfices (ou tout autre jeu couvrant la Belle Epoque). Mourir pour la patrie, ouvrage collectif publié chez Points, traite dans ses premiers chapitres de l'état d'esprit de l'époque. C'est ce que je qualifie d'aide de jeu indirecte, qui peut donner une idée de l'ambiance qui régnait et des illusions de jeunes gens amenés à servir de chair à canon.
Plus touffu et pas forcément conseillé si vous avez le moral en berne, cet ouvrage collectif a l'avantage de pouvoir lu en pointillés. Si vous vous intéressez à la Première Guerre Mondiale, il est fortement recommandé.
Le Palais Royal
Le Club Pythagore, dont font partie les personnages-joueurs de Maléfices, a ses quartiers au Palais Royal, depuis la toute première édition du jeu. Afin d'épaissir un peu le décor, j'ai acquis (sur un site d'occasion) ce gros livre décrivant l'histoire (beaucoup) et les locaux du siège de cette association.
Il contient malheureusement peu de plans et aucun de l'époque du jeu. Mais on en apprendra tout de même pas mal sur les lieux.
En le parcourant, on se demande pourquoi les auteurs du jeu ont choisi de placer ici le quartier général des personnages. Le bâtiment est immense et n'a rien à voir avec le local idéal pour une société discrète (à défaut d'être secrète). Pourtant, si les murs du Palais Royal pouvaient parler, ils auraient des choses à raconter : voilà un défi à relever, si on veut décrire le Club Pythagore (il était question d'un supplément à son sujet, à une époque).
Les Maisons closes autrefois
Autrice : Brigitte Rochelandet
Editions Horvath
Prix conseillé : 14-15 €
La Sorcellerie autrefois
Autrice : Brigitte Rochelandet
Editions Horvath
Prix conseillé : 14-15 €
14-18 : mourir pour la patrie
Collectif
Editions du Seuil, Collection Points
Prix conseillé : 6 €
Le Palais Royal
Sous la direction de Victor Champier
Editions Henri Veyrier
Prix conseillé : 40 €
lundi 30 mars 2026
Une saison horrifique
La cinquième saison de la chronique Maléfices que je maîtrise depuis pas mal d'années (je n'ose pas compter) vient de se terminer et, comme je l'ai fait pour les deux précédentes, je vous en livre un petit résumé, qui pourrait inspirer les Maîtres de Jeu en mal de matière.
Les quatre scénarios (cela peut paraître peu, mais ils furent intenses) qui composèrent cette saison mémorable étaient parmi les moins linéaires de ceux que j'ai produits au cours de cette chronique et, jusqu'au bout, les obstacles qui se sont dressés sur le chemin des personnages n'étaient pas forcément prévus dès le départ. Cette saison fut sans doute la plus horrifique de toute la chronique et celle où les personnages ont été le plus menacés (mais, comme je le dis souvent, les gens heureux n'ont pas d'histoire). D'ailleurs, la conclusion de la saison fut l'occasion de bien des sacrifices.
Cette saison fut aussi pour notre tablée l'occasion de migrer vers la quatrième édition du jeu. Les personnages disposent maintenant d'un point de Destin (sa puissance reste bien limitée) et nous avons utilisé le Grand Jeu de la Connaissance pour les confrontations sur la Spiritualité ou la Rationalité. A propos de cette dernière caractéristique, qui remplace l'Ouverture d'Esprit, nous l'avions rebaptisée bien avant cette édition du jeu. Cela dit, nous devrions faire une entorse à ce système de confrontation, fort daté et plutôt incohérent, pour les épisodes à venir. Finies les prises de tête où un personnage, confronté à un événement fantastique, perd de la Spiritualité faute de croire à ce qui se passe sous ses yeux.
J'avais envie d'un peu plus de légèreté pour la prochaine saison, mais le contexte de l'époque m'a inspiré autre chose. Nous allons donc rester sur Paris, en 1907 et le Club Pythagore va devoir..., mais je n'en dis pas plus. En attendant, si vous voulez un résumé de cette cinquième saison, c'est ici.
Bonne lecture, à bientôt !
samedi 21 mars 2026
Maléfices : et maintenant ?
Dans la récente annonce d'Arkhane Asylum Publishing, les joueurs de Maléfices ont remarqué qu'il n'y avait aucune parution annoncée pour leur jeu préféré. Depuis le dernier supplément publié, Les enquêtes du Club Pythagore (tome 2), sorti à l'été 2025, on commençait à trouver le temps long et à se poser des questions, notamment au sujet des scénarios inédits dont j'avais parlé. Ces derniers, synonymes de sang neuf, étaient attendus de pied ferme : pour qu'un jeu de rôle vive, ce scénario est la matière première indispensable.
Même si on est dans le "non-dit", cela ressemble à une mort annoncée de cette gamme. Malgré les annonces faites en début d'année dernière et la présence de pas mal de projets dans les tuyaux (le supplément consacré au Club Pythagore, celui qui devait évoquer La Brigade des Maléfices, entre autres), il va sans doute falloir faire notre deuil de cette édition de Maléfices, sans doute la plus belle mais aussi la plus brève, parce que pas assez rentable, probablement.
Cela dit, un jeu de rôle ne meurt jamais, tant qu'il continue à être pratiqué. Il n'y a pas si longtemps que j'ai troqué ma première édition de Maléfices contre sa quatrième incarnation, c'est dire ! Ce n'est pas demain que fermera le Club Pythagore. D'ailleurs, je vais continuer à publier de la matière pour ce jeu, dont des scénarios. Qu'on se le dise !
jeudi 2 octobre 2025
Nouvelles du fond
Voici quelques informations rôludiques, entre deux articles d'archéorôludisme et de récits de partie.
- Le prochain supplément pour Maléfices comportera deux scénarios inédits. Il se dit que ce sera l'occasion d'aller du côté de la Bretagne. J'espère que ce décor sera exploité à sa juste valeur (coucou le Capitaine Pop Plinn !)
- Lâché par BBE (dont la politique éditoriale laisse parfois pantois), Würm ne va pas pour autant disparaître du paysage (ce serait une perte immense), puisque le jeu d'Emmanuel Roudier va être repris par Ludospherik. Les projets en souffrance (une boîte de découverte et un supplément) vont bientôt sortir du development hell où ils stagnaient depuis trop longtemps !
- Ecryme va faire l'objet d'une nouvelle édition : le financement ne saurait tarder chez Open Sesame Games, déjà aux commandes de la très belle (mais très en retard) édition de Te Deum pour un Massacre.
- Enfin, le pdf du jeu Dune est disponible gratuitement chez Modiphius
mercredi 3 septembre 2025
Quelques bons liens
Pris dans le maelstrom de la rentrée, j'ai un peu négligé ce blog. Redémarrons en douceur, avec quelques liens relevés au cours de mes pérégrinations sur la Toile.
- Pour les amateurs de Maléfices, le Journal de Pythagore contient des aides de jeu, principalement pour les scénarios "officiels". On saluera l'initiative, malgré la présence d'illustration générées par IA (et parfois anachroniques).
- Toujours pour Maléfices, les Maîtres de Jeu désireux de se lancer dans "La musique adoucit les meurtres" pourront se précipiter sur le site d'Arkhane Asylum Publishing pour y télécharger les aides de jeu... dont les morceaux de musique qui accompagnent cette aventure (je n'en dis pas plus pour ne pas divulgâcher). Ambiance garantie !
- Vous, je ne sais pas, mais il m'arrive de peiner sur des noms de personnages. Heureusement, il existe quelques générateurs assez recommandables : du plus vaste au spécifiquement med-fan(et commerçant, au passage), en passant par l'austère mais efficace, on a l'embarras du choix.
- Envie d'en savoir plus sur The Morrow Project, un JdR post-apocalyptique qui n'eut jamais de succès de notre côté de l'Atlantique, et en est à sa quatrième édition ? Cet article très détaillé vous apprendra tout ce qu'il faut savoir sur ce jeu (oui, j'ai du retard dans mes lectures). Merci à son auteur !
A bientôt pour un prochain article, plus volumineux : on retournera dans la presse rôludique des années 80 !
jeudi 19 juin 2025
Nouvelles du fond
Avant une nouvelle recension archéorôludique, voici un petit flash infos.
- On l'a appris il y a quelques jours : François Marcela-Froideval, l'un des pionniers du jeu de rôle en France, connu pour sa collaboration avec Gary Gygax (notamment sur Oriental Adventures), ainsi que pour ses scénarios de bande dessinée, est décédé récemment. La camarde serait-elle rôliste ?
- Les enquêtes du Club Pythagore, volume 2, est en précommande chez Arkhane Asylum Publishing. Rappelons que ce supplément pour Maléfices contient deux scénarios : Le dompteur de volcans et La musique adoucit les meurtres. Pour l'inédit, on repassera !
- Si vous n'avez pas participé au financement participatif de la version française de Traveller (chez Modül), le late pledge est encore ouvert. Ce monument du JdR aura-t-il enfin droit à un vrai succès hexagonal ?
Bon, je vous laisse, j'ai des parties à préparer, moi !
dimanche 1 juin 2025
Une saison pas comme les autres
Celles et ceux d'entre vous qui apprécient les récits de partie de Trucs Trop Bizarres devront finalement attendre un peu, même si un nouvel épisode fut joué tout récemment. Pour des raisons que vous comprendrez en lisant le récit qui viendra tôt ou tard (sans doute suite à l'épisode suivant), ce bon vieux Mike n'est pas en mesure d'alimenter son journal.
En attendant, je vous propose de vous "consoler" avec Maléfices. Dans la très longue campagne/chronique/série que je mène depuis plus années sur ce jeu, nous avons terminé il y a quelques jours une saison durant laquelle les personnages eurent maille à partir avec les pouvoirs un peu particuliers de certains antagonistes (ou pas). Si l'un des épisodes de cette saison a déjà donné lieu à une publication dans ces colonnes, je mets aujourd'hui en ligne un résumé de cette saison, qui comporta cinq scénarios.
Après un hiatus de quelques mois, la série va reprendre en septembre 1906, sur un ton plus horrifique que les précédents opus. Je n'en dis pas plus, afin de ne pas divulgâcher les scénarios à venir (et déjà bien avancés). Nous avons dépassé la trentaine de parties sur cette campagne, cela dit : pas mal, non ?
Bonne lecture !
jeudi 22 mai 2025
Nouvelles du fond
Entre un récit de partie et une exploration archéorôludique, voici quelques nouvelles du monde rôludique.
- Le numéro 49 de Casus Belli est arrivé dans les boîtes aux lettres des abonnés. Il contient pas mal de scénarios et le numéro 50 devrait en proposer encore plus (surtout pour Chroniques Oubliées, d'ailleurs). Je vous ferai peut-être un petit retour sur cet avant-dernier numéro de la quatrième incarnation de Casus Belli.
- Celles et ceux qui se sont abonné(e)s à Jeu de Rôle Magazine ont reçu la version numérique (et sans doute aussi la version physique) du numéro 67. Lui aussi contient pas mal de scénarios, mais je ne pourrai vous en parler, mon abonnement s'étant arrêté au précédent, sans susciter l'envie d'aller plus loin.
- Arkhane Asylum Publishing avait teasé ses parutions à venir pour cette année 2025 et certains avaient vu dans cette annonce quelque chose pour Maléfices. Il devrait s'agir d'un recueil de scénarios (ce qui est une bonne nouvelle). Les enquêtes du Club Pythagore volume 2 devraient contenir La musique adoucit les meurtres et Le dompteur de volcans, sans doute dans des versions révisées (on l'espère). Je rappelle que pour profiter de ces scénarios, votre tablée devra avoir joué au préalable Le drame de la Rue des Récollets (ré-édités dans le premier volume des Enquêtes du Club Pythagore). Pour ce qui est de réelles nouveautés, on repassera, donc. D'ailleurs, je vous invite à repasser par ce blog, où je déposerai bientôt du matériel pour ce jeu.
A bientôt pour de nouvelles aventures !
samedi 8 février 2025
Coeur Cruel
Plongeons une nouvelle fois dans le passé et revenons sur un des scénarios officiels pour Maléfices (première édition). Le dixième de cette série inégale est Cœur Cruel, paru fin 1988. Reprenant le format habituel, ce livret de 56 pages affiche une couverture plutôt... moyenne et annonce la couleur : ça va saigner (ou pas, d'ailleurs).
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| Illustration Grog |
Le livret s'ouvre par l'habituel éditorial (qui n'affirme pourtant ne pas en être un) signé Michel Gaudo, dans un style qu'on qualifiera de personnel, et qui se félicite du succès de la première rencontre du Club Pythagore, à Provins. Point d'aide de jeu ou de nouvelle, comme on a pu en avoir sur d'autres scénarios de la série : le reste du livret est consacré au scénario à proprement parler (enfin, presque). Celui-ci est l'œuvre d'Hervé Fontanières, à qui l'on devait notamment L'énigmatique carnet du Capitaine Pop Plinn et Délivrez-nous du mal.
Sur la forme, le scénario présente un gros inconvénient : il est conçu pour cinq personnages, ni plus, ni moins. De plus, ses illustrations sont (comme la couverture) assez médiocres. Mais passons au fond. Question implication, Cœur Cruel ne s'embarrasse pas de scrupules. Commençant in media res, il place les personnages dans le même compartiment de train, s'éveillant, une étrange lettre à la main. On a rarement fait plus directif.
Sans vouloir déflorer l'intrigue, celle-ci va transporter les personnages à Orthez et, surtout, dans le passé de cette ville. Il est donc difficile de déplacer le scénario dans un autre décor. Il est à noter que ce scénario se déroule en 1885 (comme quoi, tous les scénarios Maléfices ne snobent pas la période avant 1900, comme je le disais bêtement il y a quelque temps) et que cela peut être un écueil, si les joueurs n'en sont pas à leur première aventure maléficieuse. Pour l'adapter à une autre date, il faudra un tout petit peu de travail de la part du MJ. Ce dernier a, de toute façon, pas mal de préparation à envisager avant de se lancer dans Cœur Cruel. Extrêmement linéaire (voire scripté), il n'envisage tout simplement pas ce qui peut se passer si les joueurs choisissent de quitter la voie tracée par le scénario.
Le reste du livret est occupé par les (nombreuses) annexes à distribuer aux joueurs au fur et à mesure de leur avancement. Enfin, sur trois pages, est décrite la gagnante du concours de personnages, avant une page annonçant le très attendu (et cette attente ne faisait que commencer) Voile de Kali.
Ce scénario, pour réputé qu'il soit, met en évidence un des grands défauts de ceux publiés pour Maléfices : l'extrême linéarité de son intrigue. Cependant, il fait régner une ambiance, typique et qu'on ne retrouve qu'avec ce jeu, en plus de mettre en lumière une région assez peu utilisée. Si le MJ est prêt à retrousser les manches et à faire un très gros travail de préparation, ce peut être une expérience rôludique intéressante.
lundi 13 janvier 2025
Nouvelles du fond
Entre deux séances d'archéorôludisme, voici quelques infos du monde rôludique !
- Arkhane Asylum Publishing a communiqué sur les sorties prévues cette année en publiant une image qui laisse libre cours à l'imagination. Il semblerait que Maléfices fasse partie des jeux qui auront (enfin !) droit à un supplément. Il était temps, me direz-vous. On ne se réjouira que lorsque le dit supplément sortira...
- C'était (hélas) prévisible, mais c'est confirmé depuis quelques jours : Les Moutons Electriques déposent le bilan. Malgré pas mal de maladresses, on regrettera sans doute quelques initiatives de cet éditeur (qui venait de sortir un livre consacré à notre hobby).
- Si vous êtes abonnés à Casus Belli, le numéro 48 de la quatrième génération de ce magazine vient d'arriver dans les boîtes aux lettres et est estampillé "été 2024". Je reviendrai prochainement sur cet antépénultième opus pour vous en détailler le contenu.
- Enfin, et c'est encore chez AAP, le livre de base ainsi que l'écran de Blade Runner sont disponibles en commande, tandis que la précommande de Discworld ne saurait tarder !
lundi 30 septembre 2024
L'homme qui en voyait trop
Il y avait longtemps que je n'avais pas mis de scénario à disposition sur ce blog. C'est avec Maléfices que. je répare cette lacune, en vous proposant La Zone Morte, que vous pouvez télécharger ici.
Ce scénario est adapté à un petit groupe de joueurs et peut être joué en une seule fois (c'est même ce que je recommande, afin de maintenir la tension). Il utilise le contexte de mars 1906, notamment pour son ambiance et sa conclusion. Si vous souhaitez le situer à une autre date, il vous faudra procéder à un travail d'adaptation. Lorsqu'il a été joué, l'émotion fut au rendez-vous : je crois pouvoir dire que mes joueurs n'oublieront pas de sitôt ce pauvre Paul Léfèvre.
Bonne lecture, et bon jeu !
samedi 17 août 2024
Une saison très sombre
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| Illustration Malefices.e-monsite.com/ |
dimanche 4 août 2024
Zut, j'ai cassé le Club Pythagore !
Dès sa première édition (en 1985), Maléfices, le jeu qui sent le soufre, avait installé au centre de son lore le Club Pythagore. Cette société discrète, à défaut d'être secrète, est en effet introduite dans le scénario Une étrange maison de poupées, contenu dans la boîte de base. Cette association (loi 1901 ?) permettait de motiver pas mal de scénarios en missionnant les personnages-joueurs, mais restait dans le flou. On connaissait sa date de création, son intention première, son lieu d'implantation parisien et quelques-uns de ses membres, mais cela s'arrêtait là.
Au-delà d'un simple motif, le Club Pythagore, objet de plus de précisions dans la dernière édition de Maléfices (mais pour lequel on attend un supplément promis), représente pour les Meneurs de Jeu un outil classique mais efficace : avec lui, les personnages-joueurs peuvent facilement être envoyés en mission, sans que cela ne passe pour un "vous êtes dans une auberge".
Dans la série Maléfices que je mène depuis plusieurs années, le Club Pythagore a été utilisé d'abord par petites touches, avant de devenir un des axes principaux. Le mystérieux Caton est d'abord intervenu dans l'ombre pour aider à la résolution d'un mystère, avant d'inviter les personnages à faire partie du Club.
Dans la saison que nous venons de terminer, le Club Pythagore s'est trouvé aux prises avec un mystérieux cercle occulte, qu'un des personnages a nommé les Nécronomes (appellation approuvée illico, d'ailleurs). En s'intéressant à ces étranges cultistes, le Club Pythagore a attiré sur lui leur intérêt, avant d'en devenir la cible principale. Dans le dernier épisode, un face-à-face entre Caton et le meneur de ces Nécronomes faillit bien coûter la vie (voire plus) au taulier du Club. Heureusement, les personnages sont intervenus et ont pu empêcher le pire, tout en mettant le sinistre personnage hors d'état de nuire.
Mais, dans l'épilogue qui conclut la saison, Caton raccroche les gants. Dans une très émouvante scène, le vieil homme, usé par les épreuves (il faut dire que je ne l'ai pas épargné), crée la surprise en quittant le Club Pythagore et en le confiant aux personnages-joueurs. Au-delà du twist final que représentait cette scène, elle va me permettre de construire, pour les saisons à venir, des scénarios avec une approche différente de la mission et de confier à mes deux héros de grandes responsabilités (et les ennuis qui vont avec, naturellement).
Pareil choix, s'il m'a paru naturel avec la progression dramatique de cette saison, me vaudrait probablement les gémonies de la part de certains puristes de Maléfices. Mais qu'importe : les puristes sont souvent les plus dangereux ennemis d'une œuvre. La direction prise par notre série et en particulier cette saison m'amène cependant à une question : avez-vous déjà abîmé (voire détruit) le lore d'un jeu de rôle en le pratiquant, au point de le rendre incompatible avec ce qu'en font les autres tablées ?
lundi 26 février 2024
Le dompteur de volcans
Continuons la série d'articles consacrés aux suppléments pour Maléfices (dans sa première édition), en attendant la parution de ceux annoncés pour la quatrième. Aujourd'hui et après avoir parlé du Drame de la Rue des Récollets, de L'énigmatique carnet du Capitaine Pop Plinn, de Délivrez-nous du Mal, d'Enchères sous Pavillon Noir et de Folies Viennoises, c'est Le Dompteur de Volcans qui est sous les projecteurs.
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| Illustration le Grog |
Il y a deux grandes parties dans Le dompteur de volcans, qui peuvent former autant de sessions de jeu. La première est parisienne et linéaire (c'était une marque de fabrique, qui serait aujourd'hui un défaut majeur). La seconde est auvergnate et brouillonne (mais assez linéaire aussi). S'il bénéficie d'une belle réputation, ce n'est pas pour autant un scénario dont la réussite est assurée. A l'instar d'Enchères sous Pavillon Noir, il nécessite une grosse préparation de la part du MJ, qui devra s'assurer de pouvoir improviser si besoin : les joueurs risquent à de maintes reprises de sortir des rails tracés pour eux.
| Illustration tirée du scénario |
De même, la partie auvergnate de l'aventure, en plus de n'être pas évidente à justifier (les personnages pouvant fort bien renâcler à partir pour l'Auvergne sur la foi des seuls indices en leur possession), peut vite virer dans le grand-guignol. Enfin, la résolution finale du scénario sollicite plus le bon sens des joueurs que celui des personnages. S'il fut un temps où cette manœuvre était acceptable, je n'oserais plus l'utiliser aujourd'hui (et modifierais donc fortement le dernier chapitre).
Si Le Dompteur de Volcans est un des grands classiques des scénarios Maléfices, il est aussi l'un de ceux qui ont le plus mal vieilli. A moins de vouloir le jouer à l'ancienne, il nécessite pas mal de travail pour être accepté par les joueurs. Une fois cette mise à niveau effectuée, il doit pouvoir satisfaire les tablées ayant opté pour des aventures à la façon de Gaston Leroux, plus que celles s'aventurant dans un fantastique à la Théophile Gautier (voire à certaines nouvelles de Maupassant).
J'évoquerai tout prochainement La musique adoucit les meurtres. En effet, ce scénario est censé "boucler" la trilogie consacrée au Club Pythagore, qui commençait avec Le Drame de la Rue des Récollets et se poursuivait avec Le Dompteur de Volcans. Notons que ce dernier devrait, d'après les bruits qui courent, faire partie de ceux ré-édités par Arkhane Asylum Publishing dans un tout prochain supplément. Espérons qu'il aura droit à une révision digne de ce nom (et qu'il sera accompagné par du matériel inédit, Maléfices le mérite).
samedi 17 février 2024
Folies Viennoises
Après avoir évoqué Le Drame de la Rue des Récollets, L'énigmatique carnet du Capitaine Pop Plinn, Enchères sous Pavillon Noir et Délivrez-nous du Mal, c'est au tour d'un autre scénario officiel de Maléfices (dans sa première incarnation) de faire l'objet d'un billet sur ce blog.
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| Illustration Grog |
Paru au premier trimestre 1988, Folies Viennoises était écrit par Nicole et Daniel Bilous, dont ce fut la seule contribution. Les tauliers (Michel et Pascal Gaudo, Hervé Fontanières) reprirent les commandes ensuite, pour ne plus les lâcher, jusqu'au Voile de Kali.
Après deux pages contextuelles, le scénario en lui-même occupe 24 pages (aides de jeu à photocopier incluses). Vient ensuite une aide de jeu sur les courants anarchistes de la fin du XIXème siècle (6 pages) écrite par Pascal Gaudo, mais peu utile, quand on connaît la période exploitée par Maléfices. Enfin, après deux pages promouvant la première rencontre du Club Pythagore (le vrai !) à Provins, vient la description d'un personnage, pour illustrer un concours (de personnages, justement). Ces pages, si elles n'ont rien à voir avec le scénario, peuvent donner des idées aux MJ.
Le scénario prend place à Vienne en 1907 et impose aux personnages-joueurs d'être d'anciens pensionnaires du sanatorium Purkersdorf, venant passer une semaine dans la capitale autrichienne. En matière de pré-requis, c'est assez rigide et il faudrait pas mal de travail en amont pour que des personnages venus, par exemple, du Paris de 1902, y soient intégrés.
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| Illustration tirée du scénario |
Parce qu'au cours d'un opéra auquel ils assistent, a lieu un attentat, les personnages vont enquêter sur les véritables causes de cet assassinat. L'ombre des anarchistes plane, tandis qu'un certain Sigmund Freud pourra apporter son aide aux PJ.
Soyons francs : ce scénario est loin d'être parmi les meilleurs de la gamme, même si ses défauts sont en grande partie inhérents à son époque de parution. Présupposant que tous les personnages séjournent dans le même sanatorium autrichien, il exclut (comme je le disais plus haut) l'intégration dans une chronique en cours (à moins que le MJ soit assez malin pour trouver une explication qui tienne la route). Ce défaut est assez systématique des scénarios Maléfices de l'époque : hors de question de jouer en "campagne" avec ce jeu, qui partait sur une approche "one-shot". Cela dit, pourquoi pas ?
Mais surtout, étant très linéaire (ce qui était là aussi un point commun à nombre de publications pour ce jeu), il faut bien admettre que Folies Viennoises réserve aux PJ un rôle ayant peu d'influence sur l'intrigue. Il va falloir, pour qu'il donne un bon résultat, que les joueurs trouvent le bon équilibre, sans s'écarter de la voie tracée (parfois de manière trop marquée) ni rester passifs.
Il y a matière à une chouette aventure, d'autant plus que le décor et le contexte s'y prêtent, mais Folies Viennoises impose aux potentiels MJ de se retrousser les manches pour y arriver, et de passer pas mal d'heures à préparer ce scénario (en compensant les nombreux manques qu'il comporte). Le fort potentiel de Folies Viennoises n'est pas assez exploité dans sa proposition initiale : sera-t-il l'objet d'une ré-édition enrichie et augmentée ?
mardi 30 janvier 2024
Le drame de la rue des Récollets
Après Enchères sous pavillon noir, L'énigmatique carnet du Capitaine Pop Plinn et Délivrez-nous du mal, continuons l'archélogie rôludique maléficieuse. Au nombre des scénarios "officiels" publiés à l'époque de la première édition (comprenez par là ceux dont les prix atteignent aujourd'hui des sommets), Le drame de la Rue des Récollets tient une place particulière. Tout d'abord, il s'agit du premier supplément de la gamme Maléfices et, à ce titre, est pour beaucoup dans le "ton" de ce jeu. Si la boîte de base de la première édition fournissait deux scénarios, offrant chacun leur "voie" (Une étrange maison de poupées et La malédiction de Fontevraud), ce premier supplément reste marquant et est, pour beaucoup, le plus représentatif du jeu.
| Illustration scribd |
L'implication des personnages est des plus classiques : lors d'une soirée au Club Pythagore, ils font connaissance avec l'un des membres, Gutenberg, qui finit par les inviter chez lui. L'homme rencontre en effet un problème : il craint que sa maison ne soit hantée, à moins que ce ne soit son épouse qui perde la raison.
Difficile d'en dire plus au sujet de l'intrigue sans dévoiler quelques scènes-clés du scénario. Ce dernier utilise des ficelles classiques mais redoutablement efficaces. Des joueurs expérimentés les verront sans doute à l'avance, mais pour de nouveaux venus dans le jeu de rôle (et a fortiori dans Maléfices), ce peut être une expérience inoubliable., pour peu que le MJ soit bien préparé et qu'il ait soigné son ambiance (ce qui est toujours le cas, non ?).
| Illustration tirée du scénario |
Quelques réserves sont à émettre, au sujet de ce scénario fondateur d'un certain esprit maléficieux. Passons vite sur ses coquilles (je songe notamment au plan de la maison, à la limite du non-euclidien), corrigées dans la nouvelle édition. Avec le recul, Le drame de la Rue des Récollets présente un écueil majeur, si vous avez choisi de respecter au pied de la lettre les usages de l'époque : il est difficile, voire impossible, d'envisager que des étrangers (fussent-ils membres du Club Pythagore) s'installent sous le toit des Passelat : ce sont des choses qui ne se font pas (du moins pas aussi facilement). Cet obstacle (encore plus vrai pour Une étrange maison de poupées) peut fort bien envoyer le scénario dans le fossé dès son début et il faudra songer à le négocier A ce propos, il me semble délicat de le faire jouer à des joueurs ayant vécu Une étrange maison de poupées, puisqu'ils risquent de se faire une drôle d'idée du Club Pythagore, après ces deux aventures.
Ré-édité dans le cadre de la dernière édition du jeu, Le Drame de la Rue des Récollets n'a rien perdu de son cachet. Pour l'avoir fait jouer plusieurs fois, je considère qu'il fait partie des classiques incontournables. Naturellement, il est difficile de mettre la main sur cette pépite, qui atteint des prix indécents (sa ré-édition pourrait calmer le jeu, cependant).
lundi 15 janvier 2024
Une Belle Epoque pour jouer
mercredi 10 janvier 2024
Délivrez-nous du Mal
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| Illustration Grog |
Délivrez-nous du Mal fut le quatrième scénario "officiel" pour Maléfices. Publié en janvier 1986, il présente une particularité : les personnages-joueurs doivent impérativement être dédiés à cet unique scénario et doivent tous être des moines (ou des nonnes). Ecrit par Hervé Fontanières, à qui l'on devait aussi L'énigmatique carnet du Capitaine Pop Plinn.....
Le livret, à couverture souple, commence par l'habituel éditorial, suivi du traditionnel (et difficile) rébus offert à l'époque aux lecteurs. Ensuite, un chapitre sur le clergé sous la IIIème République (3 pages) précède 3 pages de considération sur les "soldats de Dieu" (se penchant un peu plus sur la vie monastique). Viennent ensuite deux pages décrivant plus en détail l'utilisation de la Spiritualité en jeu, puis une nouvelle de cinq pages, sans aucun lien avec le scénario (qui, soit dit en passant, n'est pas véritablement inscrit dans l'époque du jeu et pourrait être joué hors de tout contexte maléficieux).
| Illustration tirée du scénario |
Ce dernier occupe une trentaine de pages et décrit en détail le monastère cistercien de Saint-Bernard du Bel-Ange, lieu fictif créé pour l'occasion(un plan est fourni), ses membres les plus importants, leurs occupations et le quotidien des moines. La possibilité de jouer ce scénario avec un groupe de personnages féminins est évoquée, au passage. Les modalités de création des personnages-joueurs sont également décrites dans la première partie du scénario : ces personnages (dont les fonctions dans le monastère sont déjà définies) ne serviront qu'une fois, ce qui peut en limiter l'intérêt pour certains.
Vient ensuite la description des premiers événements (je ne dévoile rien pour ne pas divulgâcher), puis la chronologie des jours durant lesquels se déroule le scénario. Comme nombre de scénarios de l'époque et comme la plupart de ceux publiés pour Maléfices, tout ceci est extrêmement linéaire et repose sur pas mal de bonne volonté des joueurs et une grosse préparation de la part du MJ (qui aura à enrichir le décor et bien connaître les PNJ).
Evidemment, on songe fortement au Nom de la Rose, dont l'adaptation (magistrale) au cinéma n'était pas encore sortie sur les écrans à l'époque. Ressemblant fort à une murder-party, ce scénario est à part dans la gamme Maléfices. Quasiment hors du temps (au point qu'il pourrait être joué à n'importe quelle autre époque) et utilisant des personnages qui ne seront joués qu'une fois, ce scénario possède un ton unique et peut donner lieu à une belle séance de jeu, pourvu qu'il soit confié à des joueurs qui se prêtent au jeu et à un MJ doté d'une bonne faculté d'improvisation et de contrôle.










