mardi 2 avril 2024

Nouvelles du fond

Voici un rapide flash infos. Je manque actuellement de temps et d'inspiration pour ce blog, mais cela ne devrait pas durer (le temps de finaliser un gros projet personnel). 

On l'a appris tout récemment : Anne Vétillard, la Dame du Lac, est décédée le week-end dernier.  C'est évidemment une immense perte pour le monde rôludique et je présente mes condoléances à toutes celles et et ceux qui lui étaient proches. Je vous invite à revisionner son interview chez RôlisteTV.


Notre loisir continue de susciter l'intérêt des éditeurs puis les Moutons Electriques vient de lancer un financement participatif pour Jeu de Rôle !, qui reviendra sur notre hobby. Il y a dans la phrase précédente deux éléments qui font que je ne participerai pas à ce projet, qui est d'ores et déjà financé. 

Ce sera tout pour les nouvelles de ce jour (et si vous voulez mon avis, c'est bien assez).

vendredi 22 mars 2024

Jeu de Rôle Magazine, numéro 62

 En complément à l'article sur le numéro 63 de JdR Mag', qui était le premier de la renaissance, évoquons aujourd'hui le numéro précédent, pour deux raisons. La première, c'est que ce numéro est longtemps resté dans les limbes et qu'il a été finalement mis à disposition gratuitement lors du foulancement destiné à sauver le titre. La seconde, c'est qu'il est en train d'arriver dans les boîtes aux lettres des contributeurs, en version "physique", accompagnant ainsi le numéro 63.

Image Novalis

Les 116 pages de ce numéro sont bien remplies et affichent la même charte graphique que celle décrite pour le n°63. Jeu de Rôle magazine possède donc une identité esthétique propre et plutôt agréable. Son contenu est assez proche de celui du numéro suivant, à savoir quelques actualités, un dossier, des entretiens, des retours et des scénarios, ainsi que quelques articles plus techniques. On ne réinvente pas l'eau tiède, puisque c'est peu ou prou la structure d'un Casus Belli habituel. 

Les entretiens permettent d'en apprendre plus sur Damien Coltice (ex-BBE), Vincent Mathieu (l'auteur de Cats !) et Xavier Brault (celui d'Okimba). Notons que les jeux de ces deux derniers sont l'objet chacun d'un article, chaque fois très positif, même si les avis des joueurs (une bonne idée) tempèrent parfois ces appréciations.

D'autres jeux sont décortiqués : Quantiques (le gros morceau de ce numéro), LOGOS, ainsi qu'Hunter : le Jugement, de façon suffisamment précise pour qu'on se fasse une idée d'eux. L'article qui lui est consacré m'a permis d'y voir clair sur LOGOS, ce qui n'était pas gagné, étant donné l'hermétisme du projet. 

Je passe sur le sempiternel dossier (qui n'est pas si gros que cela, puisque tenant sur 2 pages) sur les financements participatifs, avec sa dose de graphiques (merci Excel !). Cette ode à la gloire d'un modèle économique qui me sort par les yeux gâche deux pages de bon papier, en ce qui me concerne. 

Trois scénarios, pour Donjon & Cie (qui a droit à une jolie coquille en couverture), Quantiques (la star du numéro, donc) et Iron Kingdoms. Pour éclectique qu'il soit, cet échantillonnage ne propose aucun "poids lourd" : j'imagine que c'est un choix de positionnement. Comme chaque fois, je n'ai pas (encore) lu ces scénarios et me garderais donc bien de vous faire un retour à leur sujet. 

Suit un joli article sur l'exposition consacrée aux Guerres de Religion et une étude sur Salut l'Amérique de G. J Ballard. Il m'a donné envie de le mettre sur ma pile à lire, c'est déjà ça. L'article final sur la conception des scénarios est assez intéressant, même s'il ne fait qu'énoncer des évidences. Son plus grand mérite sera de démystifier cette activité. 

Enfin, le dernier article évoque l'omniprésence  du combat dans le JdR. Il s'agit plus d'une réflexion au fil de l'eau que d'une véritable aide de jeu. Selon l'humeur, on trouvera ces colonnes plaisantes ou peu utiles. 

Bien qu'il aurait mérité une relecture attentive (parce qu'il accumule un nombre non négligeable de coquilles), ce numéro est bien rempli. Il a pu donner un aperçu de ce que veut être JDR Magazine à ses "sauveteurs", avec ses qualités et ses défauts. Il reste un petit effort de relecture à fournir (pour chasser les coquilles et rendre les articles plus lisibles) pour que JDR Magazine gagne en crédibilité. 

mercredi 13 mars 2024

Jeu de Rôle Magazine, numéro 63

Vous avez pu suivre le feuilleton de l'automne, durant lequel un financement participatif avait été lancé pour sauver JDR Magazine. Je ne reviens pas sur les multiples rebondissements de cette campagne maladroite mais sans doute sincère (les articles sont toujours disponibles, si ça vous intéresse). Le numéro 63, celui de la renaissance du magazine, a été livré en pdf aux sauveteurs contributeurs et sa version physique ne saurait tarder (en tout cas, on espère). Alors, cela en valait-il la peine ?

Image personnelle

Avec 116 pages, ce numéro 63, celui de la renaissance donc, affiche un contenu classique pour un magazine de jeu de rôle : un peu d'infos, des articles touffus et des scénarios. Au rayon des actualités, c'est concis, mais ce n'est finalement pas plus mal : étant donné le temps de bouclages, les nouvelles ne sont souvent plus très fraîches dans la presse rôliste. On passe juste après à un article sur une adaptation BD d'Hawkmoon, plutôt intéressant si vous êtes client. 

Un gros dossier est consacré à Cyberpunk et permet d'avoir une vision assez globale de son historique, de sa gamme, ainsi que de ce que permet ce jeu. Si le style de l'auteur est parfois un peu lourd, une chose est sûre : il connait la bête. Les différents articles consacrés à ce jeu permettent d'en avoir une vision assez globale, tant pour l'histoire de Cyberpunk que pour son univers. 

Le fait d'identifier les auteurs de chaque article et scénario par une petite vignette est, à mes yeux, un petit geste appréciable pour eux (mais point trop n'en faut, cependant). Notons aussi que JDR Mag n'est pas exempt de coquilles et de fautes d'orthographe, se plaçant ainsi au niveau de Casus Belli (et une balle perdue, une !)

Le (gros) article de synthèse sur le financement participatif du JdR en France sera apprécié par celles et ceux qui aiment les chiffres. Il manque cependant, dans ce tourbillon de graphique et de tableau (merci Excel) quelques données intéressantes : le taux de réussite des projets, le respect des délais annoncés et la satisfaction des souscripteurs (certes, peu évidente à mesurer). Ne parler qu'en termes d'euros (ou de k€, beurk), c'est une vision assez comptable et pas forcément représentative du secteur : si les éditions Sans-Détour ont plusieurs titres placés dans le Top 10, cela ne doit pas faire oublier la gabegie que cela a été pour les contributeurs (et la chute qui s'en suivit pour les dites éditions)... et ce n'est qu'un exemple. 

Enfin, que serait un magazine de jeux de rôle sans scénarios ? Ce numéro en comporte trois (et des gros) : le premier est pour L'Anneau Unique, le deuxième pour Les Héritiers (avec une proposition de contexte) et le dernier pour Missions : Old West. Je n'ai pas encore eu le temps de les lire mais ils je peux déjà dire qu'ils sont de belle taille. Espérons que la qualité sera au rendez-vous !

Ce numéro est bien rempli et peut rivaliser, tant en quantité qu'en qualité, avec ce que produit Casus Belli, le mètre-étalon de la presse rôlistique française. Reste à savoir si le niveau se maintiendra et, surtout, si le lectorat (ce public parfois bien difficile à cerner) suivra.

samedi 9 mars 2024

Mystères à Whitby, épisode 8

Il en aura fallu, du temps, pour que le dernier épisode de la deuxième saison des Mystères à Whitby, la série Trucs Trop Bizarres dans laquelle je suis joueur, soit joué. Mais, le week-end dernier, j'ai pu à nouveau me glisser dans la peau de ce cher Michael Beckman et retrouver la petite ville de l'Indiana où le No Man's Land nous donne tant de fil à retordre (et de belles séances de jeu). Ce fut (une nouvelle fois) une grande séance de jeu, riche en émotions et je me suis fait plaisir avec le récit de cette fin de saison. 

J'espère que vous prendrez autant de plaisir à en lire le récit (c'est ici que ça se passe) et j'attends évidemment la suite en trépignant. Lorsque cette série sera terminée (et là, j'avoue ne pas être du tout impatient), ces récits feront l'objet d'une compilation, sans doute mise en page et illustrée. D'ici là, bonne lecture !

vendredi 1 mars 2024

Nouvelles du fond

Entre deux billets d'archéorôludisme, voici un petit flash infos, à forte teneur en licences adaptées. Mon petit doigt me dit qu'il pourrait y avoir bientôt un nouveau récit par ce bon vieux Michael Beckman. 

Envie de jouer les archéologistes qui courent partout et font des cascades avec des flingues dans les mains ? L'adaptation rôludique dont il est question ne concerne pas ce bon vieil Indiana Jones mais son pendant féminin, la célèbre Lara Croft. Un jeu de rôle Tomb Raider est effectivement en projet chez Evil Hat (FATE, Blades in the Dark, Monster of the week). Tout ceci sera motorisé par l'Apocalypse, si j'ai bien compris. Vous pouvez vous inscrire en tant que bêta-testeurs sur le site d'Evil Hat.

Le peu de succès qu'eut Traveller de ce côté-ci de l'Atlantique reste incompréhensible. Ce vénérable ancêtre du JdR de SF a droit à une nouvelle chance chez Mnémos Modul, comme je l'avais annoncé il y a quelques mois. L'inévitable foulancement destiné à financer cette édition française ne saurait tarder à être lancé. Si je ne compte pas y participer, ce sera une bonne façon de jauger la popularité potentielle de ce jeu. 

Enfin, s'il a déjà été adapté via GURPS, l'univers de Discworld va faire l'objet d'un jeu de rôle à part entière. L'œuvre du regretté Terry Pratchett sera transposé dans notre hobby préféré grâce à Modiphius. 

A bientôt pour d'autres billets ! 


lundi 26 février 2024

Le dompteur de volcans

Continuons la série d'articles consacrés aux suppléments pour Maléfices (dans sa première édition), en attendant la parution de ceux annoncés pour la quatrième. Aujourd'hui et après avoir parlé du Drame de la Rue des Récollets, de L'énigmatique carnet du Capitaine Pop Plinn, de Délivrez-nous du Mal, d'Enchères sous Pavillon Noir et de Folies Viennoises, c'est Le Dompteur de Volcans qui est sous les projecteurs. 

Illustration le Grog

Le livret se compose de l'éditorial habituel, d'un supplément de 2 pages sur le Fakir Birman, dont s'inspire un des personnages du scénario, puis d'une nouvelle sans rapport, avant d'embrayer sur le scénario à proprement parler, comportant 30 pages (sans compter les nombreuses aides de jeu et deux pages de bande dessinée). Dédié à Gaston Leroux, Le dompteur de volcans est un scénario de Michel Gaudo (le taulier de Maléfices), paru en 1986. Ce cinquième supplément officiel, écrit dans le ton cher à l'auteur, louche plus du côté du roman-feuilleton que de la nouvelle fantastique. 

Il y a deux grandes parties dans Le dompteur de volcans, qui peuvent former autant de sessions de jeu. La première est parisienne et linéaire (c'était une marque de fabrique, qui serait aujourd'hui un défaut majeur). La seconde est auvergnate et brouillonne (mais assez linéaire aussi). S'il bénéficie d'une belle réputation, ce n'est pas pour autant un scénario dont la réussite est assurée. A l'instar d'Enchères sous Pavillon Noir, il nécessite une grosse préparation de la part du MJ, qui devra s'assurer de pouvoir improviser si besoin : les joueurs risquent à de maintes reprises de sortir des rails tracés pour eux. 

Illustration tirée du scénario


De même, la partie auvergnate de l'aventure, en plus de n'être pas évidente à justifier (les personnages pouvant fort bien renâcler à partir pour l'Auvergne sur la foi des seuls indices en leur possession), peut vite virer dans le grand-guignol. Enfin, la résolution finale du scénario sollicite plus le bon sens des joueurs que celui des personnages. S'il fut un temps où cette manœuvre était acceptable, je n'oserais plus l'utiliser aujourd'hui (et modifierais donc fortement le dernier chapitre). 

Si Le Dompteur de Volcans est un des grands classiques des scénarios Maléfices, il est aussi l'un de ceux qui ont le plus mal vieilli. A moins de vouloir le jouer à l'ancienne, il nécessite pas mal de travail pour être accepté par les joueurs. Une fois cette mise à niveau effectuée, il doit pouvoir satisfaire les tablées ayant opté pour des aventures à la façon de Gaston Leroux, plus que celles s'aventurant dans un fantastique à la Théophile Gautier (voire à certaines nouvelles de Maupassant). 

J'évoquerai tout prochainement La musique adoucit les meurtres. En effet, ce scénario est censé "boucler" la trilogie consacrée au Club Pythagore, qui commençait avec Le Drame de la Rue des Récollets et se poursuivait avec Le Dompteur de Volcans. Notons que ce dernier devrait, d'après les bruits qui courent, faire partie de ceux ré-édités par Arkhane Asylum Publishing dans un tout prochain supplément. Espérons qu'il aura droit à une révision digne de ce nom (et qu'il sera accompagné par du matériel inédit, Maléfices le mérite). 

vendredi 23 février 2024

La Saga des Ailes Noires (saison 2, épisode 5)

En quelques séances, Würm est devenu l'une de mes plus belles expériences rôludiques, je l'avoue. Alors que j'avais proposé à mes joueurs une partie "pour entrevoir l'univers", la dite partie fut une telle réussite qu'elle déboucha sur une saga, dont nous jouons en ce moment la deuxième "saison" (à la manière d'une série télé). Mieux encore, ce fut ce jeu qui fut le terrain d'expérimentation d'un groupe mixte : l'expérience fut, elle aussi, probante, comme je l'ai déjà raconté.
 
Tout ça pour dire que la Saga des Ailes Noires continue à un joli rythme (aussi parce que les joueurs réclament la suite à chaque fin de partie) et que nous avons joué un nouvel épisode le week-end dernier. A ce stade de la saison, les Ailes Noires se rendent, comme le veut la coutume, à l'Assemblée des Clans. Le scénario comporte donc quelques figures imposées, puisque c'est à ce moment que se nouent parfois des alliances, des amitiés, mais aussi des tensions. 
Evidemment, cette fois encore, rien ne se passe tout à fait comme prévu et ce n'est pas seulement parce que les Ailes Noires ont des invités (en la personne de Raka et Vargh). Le scénario représentait un nouvel exercice de style et louchait (un peu) du côté du bac à sable : une intrigue de fond et de multiples possibilités. Comme chaque fois, dans cette configuration, toutes les possibilités envisagées ne sont pas exploitées par les joueurs (tandis qu'ils s'engagent parfois dans des voies inattendues) : inutile de dire que c'est le genre de sessions qui permet de semer quantité de graines pour la suite (qui aura lieu bientôt, j'espère). 
Je vous laisse lire tout cela ici.

samedi 17 février 2024

Folies Viennoises

Après avoir évoqué Le Drame de la Rue des Récollets, L'énigmatique carnet du Capitaine Pop Plinn, Enchères sous Pavillon Noir et Délivrez-nous du Mal, c'est au tour d'un autre scénario officiel de Maléfices (dans sa première incarnation) de faire l'objet d'un billet sur ce blog. 

Illustration Grog

Paru au premier trimestre 1988, Folies Viennoises était écrit par Nicole et Daniel Bilous, dont ce fut la seule contribution. Les tauliers (Michel et Pascal Gaudo, Hervé Fontanières) reprirent les commandes ensuite, pour ne plus les lâcher, jusqu'au Voile de Kali.

Après deux pages contextuelles, le scénario en lui-même occupe 24 pages (aides de jeu à photocopier incluses). Vient ensuite une aide de jeu sur les courants anarchistes de la fin du XIXème siècle (6 pages) écrite par Pascal Gaudo, mais peu utile, quand on connaît la période exploitée par Maléfices. Enfin, après deux pages promouvant la première rencontre du Club Pythagore (le vrai !) à Provins, vient la description d'un personnage, pour illustrer un concours (de personnages, justement). Ces pages, si elles n'ont rien à voir avec le scénario, peuvent donner des idées aux MJ. 

Le scénario prend place à Vienne en 1907 et impose aux personnages-joueurs d'être d'anciens pensionnaires du sanatorium Purkersdorf, venant passer une semaine dans la capitale autrichienne. En matière de pré-requis, c'est assez rigide et il faudrait pas mal de travail en amont pour que des personnages venus, par exemple, du Paris de 1902, y soient intégrés. 


Illustration tirée du scénario

Parce qu'au cours d'un opéra auquel ils assistent, a lieu un attentat, les personnages vont enquêter sur les véritables causes de cet assassinat. L'ombre des anarchistes plane, tandis qu'un certain Sigmund Freud pourra apporter son aide aux PJ. 

Soyons francs : ce scénario est loin d'être parmi les meilleurs de la gamme, même si ses défauts sont en grande partie inhérents à son époque de parution. Présupposant que tous les personnages séjournent dans le même sanatorium autrichien, il exclut (comme je le disais plus haut) l'intégration dans une chronique en cours (à moins que le MJ soit assez malin pour trouver une explication qui tienne la route). Ce défaut est assez systématique des scénarios Maléfices de l'époque : hors de question de jouer en "campagne" avec ce jeu, qui partait sur une approche "one-shot". Cela dit, pourquoi pas ?

Mais surtout, étant très linéaire (ce qui était là aussi un point commun à nombre de publications pour ce jeu), il faut bien admettre que Folies Viennoises réserve aux PJ un rôle ayant peu d'influence sur l'intrigue. Il va falloir, pour qu'il donne un bon résultat, que les joueurs trouvent le bon équilibre, sans s'écarter de la voie tracée (parfois de manière trop marquée) ni rester passifs. 

Il y a matière à une chouette aventure, d'autant plus que le décor et le contexte s'y prêtent, mais Folies Viennoises  impose aux potentiels MJ de se retrousser les manches pour y arriver, et de passer pas mal d'heures à préparer ce scénario (en compensant les nombreux manques qu'il comporte). Le fort potentiel de Folies Viennoises n'est pas assez exploité dans sa proposition initiale : sera-t-il l'objet d'une ré-édition enrichie et augmentée ?

mardi 6 février 2024

Nouvelles du fond

Quelques jours après le dernier bulletin, voici une autre série de nouvelles rôludiques : 

- Hasbro a de nouveau pratiqué le rétropédalage (après l'OGL-gate) concernant la vente de la licence D&D à Tencent. L'information avait fuité (la fuite en question étant sans doute savamment orchestrée), puis on avait cru comprendre que la vente ne concernait que la partie jeu vidéo de la licence, avant l'acte final : une communication officielle d'Hasbro, jurant ses grands dieux que non, jamais, il ne vendrait son précieux D&D (qui assure une grosse partie de son chiffre d'affaires). J'attends le prochain épisode de ce feuilleton : que vont-ils trouver, la prochaine fois ?

- l'éditeur Posidonia a (enfin) communiqué sur ses différents projets en cours (en s'adressant à ceux ayant participé aux foulancements chez eux). L'effort porte sur les projets déjà financés et affichant un retard conséquent : Ynn Prydeinn (pour ce ne citer que celui-là) devrait partir en impression à la fin du premier semestre, ce qui fera quatre ans et demi de retard ! En ce qui concerne le magazine Architeuthis, il n'est pas évoqué et on peut juste supposer que les deux derniers numéros sortiront un jour, peut-être cette année (je rappelle que le dernier date d'il y a bientôt un an). 

Cette série de nouvelles n'est guère enthousiasmante : quelle que soit la taille de l'éditeur, le professionnalisme ne me semble pas toujours au rendez-vous. Il en est pourtant qui se démènent et finissent par livrer les produits promis : 

- Si vous avez précommandé le jeu de rôle Valérian ou le très hobbitesque Sous la colline au bord de l'eau, les Editions du Troisième Œil ont annoncé avoir reçu les livres : c'est la toute dernière étape avant la réception chez les souscripteurs. Tout finit par arriver, mais les retards accusés par LETO pourraient faire réfléchir sur le mode opératoire : est-il bien raisonnable d'imprimer tout cela de l'autre côté de la planète ?

- Envie d'en savoir plus sur Knight ou simple collectionnite ? Le pdf de ce jeu avec des héros en armure qui combattent de grosses saletés dans un futur plutôt sombre est gratuit sur drivethrurpg. Profitez-en !

jeudi 1 février 2024

Nouvelles du fond

Voici quelques nouvelles rôludiques, piochées ça et là au cours de mes pérégrinations sur la toile (et ailleurs). 

- lors de son dernier passage sur Rôliste TV, Mathieu Saintoux, le boss de Arkhane Asylum Publishing a fait pas mal d'annonces sur les sorties à venir. Par contre, en ce qui concerne Maléfices, qui se vend bien et a du être ré-édité, rien à l'horizon, à part l'évocation rapide de deux ou trois suppléments à venir : c'est un peu contradictoire, si vous voulez mon avis, de disposer d'un jeu qui rencontre son public et de ne pas fournir de matière à ce dernier (des scénarios, en l'occurrence). Maléfices a sans doute un poids moindre (et une licence moins lourde) que d'autres titres au catalogue d'AAP. 

- restons chez Arkhane Asylum Publishing, avec les annonces de début d'année. Il y a du lourd chez cet éditeur qui vient de mettre la main sur quelques grosses licences. Non content d'avoir en catalogue les licences Blade Runner (dont j'attends la VF de pied ferme), Alien, Avatar, Dune et j'en passe, l'éditeur vient d'ouvrir le financement participatif de l'adaptation rôludique d'Assassin's Creed. Evidemment, le financement est d'ores et déjà atteint (en quelques heures) et devrait donc battre des records. Ce sera sans moi (je suis complètement passé à côté de cette licence). Et, d'ici peu, commencera l'inévitable financement pour The Walking Dead Universe (encore un cadeau que s'est fait AAP).

- de l'autre côté de l'Atlantique, le géant Hasbro (en pleine crise) devrait vendre au chinois Tencent une série de droits concernant Dungeons & Dragons, qu'il possède depuis son rachat de Wizards of the Coast. Il s'agirait (la news n'est pas encore très claire) de droits liés aux jeux vidéo et notre hobby n'est sans doute pas impacté, mais c'est un signe des temps. 

- une nouvelle (la sixième) édition de ce que Greg Stafford considérait comme son chef d'œuvre, à savoir Pendragon, devrait arriver en avril prochain. Vous, je ne sais pas, mais ce jeu me fait rudement envie (et est parmi ceux que je regrette de ne pas avoir assez pratiqué).

A bientôt pour un prochain billet !

Mise à jour : ça n'aura pas tardé. Hasbro dément vouloir vendre D&D à Tencent ou à qui que ce soit. Ce démenti ne vous rappelle rien ? 

mardi 30 janvier 2024

Le drame de la rue des Récollets

Après Enchères sous pavillon noirL'énigmatique carnet du Capitaine Pop Plinn et Délivrez-nous du mal, continuons l'archélogie rôludique maléficieuse. Au nombre des scénarios "officiels" publiés à l'époque de la première édition (comprenez par là ceux dont les prix atteignent aujourd'hui des sommets), Le drame de la Rue des Récollets tient une place particulière. Tout d'abord, il s'agit du premier supplément de la gamme Maléfices et, à ce titre, est pour beaucoup dans le "ton" de ce jeu. Si la boîte de base de la première édition fournissait deux scénarios, offrant chacun leur "voie" (Une étrange maison de poupées et La malédiction de Fontevraud), ce premier supplément reste marquant et est, pour beaucoup, le plus représentatif du jeu. 

Illustration scribd

L'implication des personnages est des plus classiques : lors d'une soirée au Club Pythagore, ils font connaissance avec l'un des membres, Gutenberg, qui finit par les inviter chez lui. L'homme rencontre en effet un problème : il craint que sa maison ne soit hantée, à moins que ce ne soit son épouse qui perde la raison. 

Difficile d'en dire plus au sujet de l'intrigue sans dévoiler quelques scènes-clés du scénario. Ce dernier utilise des ficelles classiques mais redoutablement efficaces. Des joueurs expérimentés les verront sans doute à l'avance, mais pour de nouveaux venus dans le jeu de rôle (et a fortiori dans Maléfices), ce peut être une expérience inoubliable., pour peu que le MJ soit bien préparé et qu'il ait soigné son ambiance (ce qui est toujours le cas, non ?). 

Illustration tirée du scénario

Quelques réserves sont à émettre, au sujet de ce scénario fondateur d'un certain esprit maléficieux. Passons vite sur ses coquilles (je songe notamment au plan de la maison, à la limite du non-euclidien), corrigées dans la nouvelle édition. Avec le recul, Le drame de la Rue des Récollets présente un écueil majeur, si vous avez choisi de respecter au pied de la lettre les usages de l'époque : il est difficile, voire impossible, d'envisager que des étrangers (fussent-ils membres du Club Pythagore) s'installent sous le toit des Passelat : ce sont des choses qui ne se font pas (du moins pas aussi facilement). Cet obstacle (encore plus vrai pour Une étrange maison de poupées) peut fort bien envoyer le scénario dans le fossé dès son début et il faudra songer à le négocier A ce propos, il me semble délicat de le faire jouer à des joueurs ayant vécu Une étrange maison de poupées, puisqu'ils risquent de se faire une drôle d'idée du Club Pythagore, après ces deux aventures. 

Ré-édité dans le cadre de la dernière édition du jeu, Le Drame de la Rue des Récollets n'a rien perdu de son cachet. Pour l'avoir fait jouer plusieurs fois, je considère qu'il fait partie des classiques incontournables. Naturellement, il est difficile de mettre la main sur cette pépite, qui atteint des prix indécents (sa ré-édition pourrait calmer le jeu, cependant). 

samedi 27 janvier 2024

Karuba

De temps en temps, revenir à un jeu de plateau plutôt simple est appréciable. J'avais découvert Karuba (édité depuis 2015 chez Haba, un éditeur plutôt orienté jeunesse) il y a quelques années et il est venu rejoindre ma ludothèque tout récemment. 

Illustration Philibert

Sur l'île de Karuba, quatre explorateurs débarquent et vont devoir rejoindre chacun un temple situé dans la jungle. Il faut, pour cela traverser la dite jungle. En termes de jeu, tous les joueurs (de deux à quatre) disposent du même plateau et des mêmes 36 tuiles (dessinant les chemins à tracer). Au début du jeu, on place les quatre aventuriers sur les plages et les quatre temples sur les côtés opposés. A chaque tour, l'un des joueurs tire au hasard une tuile et tout le monde doit soit poser cette tuile, soit déplacer un des aventuriers. Dès qu'un aventurier a atteint un temple, il prend le trésor correspondant (dont la valeur dépend de l'ordre d'arrivée), tout en ayant pu ramasser quelques cristaux et pépites en chemin.

Illustration Philibert

Un peu de hasard (le tirage des tuiles a un côté bingo), pas mal de programmation et beaucoup de fun, voilà la recette de Karuba. Ce jeu familial permet de démarrer rapidement des parties, qui dureront moins d'une demi-heure. C'est donc l'idéal pour une petite pause ludique de début de soirée (ou de pause méridienne au boulot), d'autant plus que les règles sont simples et robustes (ah, le modèle allemand !). 

L'air de rien, c'est à un jeu plutôt  malin que nous avons affaire ici. Si à première vue, la composante aléatoire semble jouer un grand rôle, il n'en est rien et c'est bien en préparant ses itinéraires qu'un joueur peut espérer atteindre les quatre temples avant les autres (et donc, récupérer les trésors les plus intéressants). Si vous êtes amateurs de ces jeux faussement simples, mais sur lesquels on revient régulièrement sans s'en lasser, Karuba devrait vous combler !


Karuba
Auteur : Rüdiger Dorn
Illustrations : Stephan Claus
Edité par Haba
Prix conseillé : 34 €

mardi 23 janvier 2024

La saga des Ailes Noires (saison 2, épisode 4)

Après un épisode spécial (de Noël ?), la saga Wûrm que je mène actuellement a pris un tour plutôt inattendu. Les deux personnages-joueurs qui la vivent sont maintenant alliés à deux autres personnages, qui plus est d'un autre peuple. Si vous avez lu le récit du dernier épisode, vous comprendrez qu'il était hors de question de séparer brutalement le groupe, chacun repartant de son côté comme si de rien n'était. Ce que les personnages (qu'ils soient Hommes Longs ou Hommes-Ours) ont vécu ensemble fut trop intense pour qu'ils ne restent pas ensemble. 

J'ai donc concocté un nouvel épisode, que nous avons joué tout récemment et qui (ça devient une habitude avec cet excellent jeu) a donné lieu à une très belle séance. 

Vous pouvez découvrir le récit de cet épisode ici. Bonne lecture, et à bientôt pour la suite !

lundi 15 janvier 2024

Une Belle Epoque pour jouer

Je mène depuis plusieurs années déjà une série Maléfices, sans arc narratif principal, mais avec des personnages récurrents et des intrigues parfois liées, avec des scénarios "maison" (qui ont ma préférence). Quand j'ai relaté mon bilan rôludique de 2023, l'un des fidèles lecteurs de ce blog (que je salue au passage) a demandé si les scénarios en question pouvaient faire l'objet d'une publication. La plupart ne sont pas lisibles en l'état (mais j'envisage d'en faire des résumés exploitables), certains concernent trop les personnages-joueurs pour être utilisés sur d'autres tables. 

Cependant, parmi les premiers scénarios de cette série, j'ai remis en forme L'étrange mal qui frappa Monsieur Lefranc, que je mets à votre disposition. Il inclut, pour être fidèle à la marque de fabrique des scénarios Maléfices, quelques documents annexes. Par contre, il n'y est pas fait mention de jets de dés ou de la sollicitation de telle ou telle compétence : à vous de vous débrouiller, chers MJ !

Et, d'ici quelque temps (je préfère ne pas donner de date-butoir, pour être sûr de ne pas la dépasser), d'autres scénarios seront également mis en ligne. 

mercredi 10 janvier 2024

Délivrez-nous du Mal

 

Illustration Grog

Délivrez-nous du Mal fut le quatrième scénario "officiel" pour Maléfices. Publié en janvier 1986, il présente une particularité : les personnages-joueurs doivent impérativement être dédiés à cet unique scénario et doivent tous être des moines (ou des nonnes). Ecrit par Hervé Fontanières, à qui l'on devait aussi L'énigmatique carnet du Capitaine Pop Plinn.....

Le livret, à couverture souple, commence par l'habituel éditorial, suivi du traditionnel (et difficile) rébus offert à l'époque aux lecteurs. Ensuite, un chapitre sur le clergé sous la IIIème République (3 pages) précède 3 pages de considération sur les "soldats de Dieu" (se penchant un peu plus sur la vie monastique). Viennent ensuite deux pages décrivant plus en détail l'utilisation de la Spiritualité en jeu, puis une nouvelle de cinq pages, sans aucun lien avec le scénario (qui, soit dit en passant, n'est pas véritablement inscrit dans l'époque du jeu et pourrait être joué hors de tout contexte maléficieux).

Illustration tirée du scénario

Ce dernier occupe une trentaine de pages et décrit en détail le monastère cistercien de Saint-Bernard du Bel-Ange, lieu fictif créé pour l'occasion(un plan est fourni), ses membres les plus importants, leurs occupations et le quotidien des moines. La possibilité de jouer ce scénario avec un groupe de personnages féminins est évoquée, au passage. Les modalités de création des personnages-joueurs sont également décrites dans la première partie du scénario : ces personnages (dont les fonctions dans le monastère sont déjà définies) ne serviront qu'une fois, ce qui peut en limiter l'intérêt pour certains. 

Vient ensuite la description des premiers événements (je ne dévoile rien pour ne pas divulgâcher), puis la chronologie des jours durant lesquels se déroule le scénario. Comme nombre de scénarios de l'époque et comme la plupart de ceux publiés pour Maléfices, tout ceci est extrêmement linéaire et repose sur pas mal de bonne volonté des joueurs et une grosse préparation de la part du MJ (qui aura à enrichir le décor et bien connaître les PNJ).

Evidemment, on songe fortement au Nom de la Rose, dont l'adaptation (magistrale) au cinéma n'était pas encore sortie sur les écrans à l'époque. Ressemblant fort à une murder-party, ce scénario est à part dans la gamme Maléfices. Quasiment hors du temps (au point qu'il pourrait être joué à n'importe quelle autre époque) et utilisant des personnages qui ne seront joués qu'une fois, ce scénario possède un ton unique et peut donner lieu à une belle séance de jeu, pourvu qu'il soit confié à des joueurs qui se prêtent au jeu et à un MJ doté d'une bonne faculté d'improvisation et de contrôle. 

vendredi 5 janvier 2024

Nouvelles du fond

Tout d'abord, je souhaite une excellente année à toutes et tous qui lisez ce blog : puissiez-vous, en 2024, accumuler les réussites critiques !  Ce premier flash infos de l'année sera bref, et je risque de ne pas poster aussi régulièrement que souhaité dans les prochaines semaines, étant plutôt débordé (mais c'est pour la bonne cause). Promis, je me rattraperai plus tard !

- Après le succès (assez surprenant pour un jeu historique) du foulancement de la nouvelle édition de Te Deum pour un Massacre, les contributeurs attendaient de pied (plus ou moins) ferme la campagne promise. Celle-ci va être remplacée par un supplément décrivant la ville de Bayonne et proposant quatre scénarios (pouvant être joués en mode "campagne") utilisant ce cadre de jeu.

- Attendu aussi par ses contributeurs depuis belle lurette (il devait initialement être livré en décembre 2020), le jeu Ynn Pryddein (et la campagne promise pour l'accompagner) a été quasiment livrée, au format pdf. Une fois débarrassée de ses dernières coquilles, elle laissera la place à la version définitive et on pourra en espérer la version physique. 

- Ce n'est pas sans lien avec Te Deum pour un Massacre, puisqu'il en est l'auteur. Les romans de Jean-Philippe Jaworski (l'un des tauliers de la Cour d'Obéron, désormais parmi les grands noms de la fantasy) vont faire l'objet d'une belle édition. Même si Noël est passé et malgré toutes les réserves à émettre au sujet de l'éditeur, le projet peut intéresser les amateurs de beaux livres. Naturellement (hum), c'est en financement participatif sur Ulule (et ça a déjà atteint l'objectif, évidemment).

A bientôt pour un autre billet (dès que j'aurai plus de temps)