Au printemps 1989, Chroniques d'Outre-Monde fit un virage radical. Son numéro 16 était le premier d'une nouvelle mouture du magazine et, pour beaucoup, signifia le début de la fin. Repartons dans le passé pour feuilleter cet opus.
On aura pu le comprendre sur la couverture et il est présent un peu partout : la nouvelle mascotte de C.O.M. est un lapin. Pourquoi pas ? Mais, en jetant un œil à l'ours, on se rend compte que toute l'équipe a changé. Le magazine est désormais édité par Welcome Multimédia, exit les Tentacules Associés. Et cette nouvelle période n'a pas grand chose à voir avec la précédente.
La vitrine épluche les dernières nouveautés. C'est le très beau Ars Magica qui l'ouvre avec un article emphatique (et mérité), tandis que les critiques les plus acerbes sont réservés à des suppléments pour Space 1889 (le jeu étant salué plus loin dans le magazine). Notons que Talistanta voit cinq de ses extensions critiquées, avec du bon et du moins bon. Quelques grossières erreurs de mise en page viennent émailler le tout (un titre en bas de page, une dernière ligne qui passe sur la page suivante, ça fait désordre). Cyberpunk ferme la rubrique avec une appréciation à la ptêt ben qu'oui, ptêt ben qu'non. Comme glissé à la dernière minute, un PS glissé là évoque la sortie des Divisions de l'Ombre, trop tard pour être chroniqué. Etait-il bien utile de livrer cette non-information ?
Après un rapide passage par les fanzines, on embraie sur "Micro et jeu de simulation", qui évoque "les JdR informatiques de cinquième génération " (sic), où il est question de Wizardy V et d'Ultima V (entre autres). Passons tout cela pour arriver au premier scénario de la revue "Lapin de Cthulhu" pour.... L'appel de Cthulhu, bien entendu. Avec le recul, on peut se demander s'il est vraiment jouable ou s'il se voulait parodique. Vient ensuite "Eldem-Sar-Kedim", une campagne pour AD&D, RuneQuest et JRTM (il est permis de douter). Etant donné l'historique fourni en encadré, les deux dernières propositions rôludiques sont à exclure. Je conseille d'ailleurs aux amateurs de la Terre du Milieu de ne pas lire ce scénario, sous peine de faire un malaise.
La chronique d'un jeu parle de rien de moins qu'AD&D, dans sa deuxième édition. Notons qu'une fois de plus, la mise en page frôle l'amateurisme, puisque cette chronique déborde sur la suivante, consacrée à Space 1889. Comment a-t-on pu laisser passer cela ?
Vient ensuite le pavé d'Outre-Monde, consacré à la Chine Ancienne, qui mêle histoire et imaginaire. C'est plutôt intéressant et sans doute encore exploitable aujourd'hui. Il est suivi par "Interactivé : heureux qui communique", un laïus d'une page évoquant des idées comme la mise en place d'un service minitel ou d'une radio, ainsi qu'un concours permanent de création. C'est vague et ça ressemble plus à une ébauche d'article qu'autre chose. Qu'est-il arrivé à C.O.M. ?
On bascule ensuite sur la partie consacrée au wargames, qui prend le temps d'expliquer à ceux qui débarqueraient ce qu'est un jeu de guerre, avant d'évoquer Cobra (chez SPI-TSR), qui tombe à pic pour le 45ème anniversaire de l'opération du même nom, ainsi que Korean War.
On revient ensuite au jeu de rôle avec la description pour Trauma d'une sorte de société secrète, les Neuf (ou les Neufs, selon l'humeur du rédacteur), qui a sans doute fait hurler les concepteurs du jeu.
La rubrique Chroniquez vous revient sur le quatrième Salon des jeux de réflexion, peu apprécié des visiteurs, semble-t-il. On y trouve aussi la réponse aux angoisses d'un lecteur sur C.O.M. : c'est sans doute l'explication (partielle) à ce curieux numéro 16, le dernier pour beaucoup (et en tout cas, le dernier qui sera recensé dans ces colonnes).
Après les petites annonces, le journal se termine, un peu plus léger pour cette renaissance (ratée, si vous voulez mon avis). Pour beaucoup de ses lecteurs, C.O.M. avait perdu son âme dans ce numéro. L'avenir leur donna raison, puisque : la fin s'approchait, pour ce titre pourtant historique.
Mon moi d'avant devait savoir que j'allais perdre mon temps sur des sites internet à raconter des anecdotes sans intérêt parce qu'il ne m'a transmis aucune souvenir de ce magazine. Rien. Nada. Pas un pet de lapin, uh-uh humour.
RépondreSupprimerSi, quand même, la baisse de qualité de COM était frappante. Le changement de ton était brutal et, trop jeune et impatient, je ne lisais pas l'édito du rédac'chef pour comprendre. Il m'a fallu attendre que CB en parle pour réaliser... Mon moi d'avant était un peu tête en l'air ^^