jeudi 4 juillet 2024

Faraway

Reparti du Festival de Cannes (pas celui du cinéma, mais celui consacré aux ludistes) avec l'As d'Or, Faraway a fait son petit effet sur pas mal de tables de jeu. Ayant eu l'occasion de le tester, j'ai fini par craquer et me le suis offert. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que je ne regrette pas mon achat.

Illustration Ludocortex

Prévu pour des parties d'une vingtaine de minutes, pour 2 à 6 joueurs à partir de 10 ans, Faraway pourrait être catalogué comme "petit jeu", voire comme "jeu d'apéro". 

Dans Faraway, les joueurs vont poser un total de huit cartes devant eux, celles-ci comportant des ressources, des couleurs et un symbole jour/nuit, ainsi qu'une valeur en points et que le critère attendu pour marquer ces points. Durant les huit tours de jeu, il va donc falloir poser une carte et en prendre une parmi celles proposées au centre de la table (sachant que le joueur ayant posé la carte la plus faiblement numérotée choisit en premier). 

Illustration Catch Up Games

Si l'on a posé une carte de valeur supérieure à la précédente, on peut prendre une carte "sanctuaire", qui délivre un bonus (en couleur, ressource, symbole, ou conditions de score). Une fois les huit cartes posées, celles-ci sont retournées et on les révèle, en commençant par la dernière posée. Chaque fois que le critère de score est rempli, on marque les points indiqués (la première carte posée bénéficie donc de l'effet de toutes celles posées après elle, tandis que la dernière ne peut compter que sur elle-même). 

En plus d'une esthétique sympathique, ce petit jeu a pour lui une subtilité remarquable. Loin de n'être qu'un gadget, son mode de comptage des points implique une autre façon de penser. Une fois de temps en temps, c'est très appréciable de voir ses schémas chamboulés. La première partie de Faraway est souvent une défaite, mais on se prend à vouloir y retourner. 


Faraway
Auteurs : Corentin Lebrat et Johannes Goupy
Illustrations : Maxime Morin
Edité par Catch Up Games
Prix conseillé : 18 €




lundi 1 juillet 2024

Jeu de Rôle Magazine, numéro 64

Vous l'aurez sans doute remarqué, les billets se sont faits rares sur ce blog. Il faut dire que j'ai été fort occupé ces dernières semaines, pour cause de déménagement. Mais, peu à peu, les choses vont revenir à la normale et je devrais pouvoir poster plus régulièrement. 

Celles et ceux qui se sont abonnés à Jeu de Rôle Magazine (notamment dans le cadre de son sauvetage) ont reçu tout récemment le numéro 64 de ce titre (en version digitale, le papier ne saurait tarder), épais de 116 pages, comme le numéro précédent

Image personnelle

Le magazine affiche toujours la même structure : des nouvelles (et aussi un peu de publicité à peine dissimulée pour un JdR-escape game). Forcément, ces nouvelles ne sont plus très fraîches, délais de mise sous presse obligent. Une nouvelle fois, on a droit à des graphiques sans grand intérêt sur les financements participatifs, qui donnent l'impression de s'être échappés d'un diaporama. 

Un gros dossier sur les cinquante ans du jeu de rôle suit et intéressera celles et ceux qui n'ont pas suivi le colloque qui fut consacré à cet anniversaire. C'est assez ronflant : entre "altérité ludique" et "partage de l'autorité narrative", certaines expressions me feraient plutôt sourire. 
Suivent des articles de feedback sur Against the Darkmaster, Maléfices, Tylestel, Nothingness, Blade Runner et City of Mist, tous assez volumineux, bien illustrés et plutôt positifs. Ces retours sont, semble-t-il, la marque de fabrique de JdRMag et le petit encart "Paroles de joueurs" leur apporte une touche très appréciable. 

Les trois scénarios de ce numéro sont dédiés à Medium Aevum, Hawkmoon (qui est en réalité une adaptation d'un scénario paru pour la première édition, lui-même adapté du roman "The most dangerous game" qui inspira le film "Les chasses du Comte Zaroff"... ça va, vous suivez ?) et D&D, cinquième édition 

La partie "Inspiration" évoque le manga "Hell's Paradise", tandis que la rubrique "Aspirine" évoque la proximité entre le JdR sur table et son pendant vidéoludique, avec moult exemples à l'appui. C'est donc encore un numéro bien rempli dont on attend toujours la version papier pour le lire à l'ombre pendant les vacances d'été... bien qu'il s'agisse d'un numéro de printemps !


jeudi 30 mai 2024

Mystères à Whitby, épisode 9

Les quelques lecteurs de ce blog ont sans doute remarqué (ou pas) que le rythme de publication y avait sérieusement baissé. C'est provisoire : un emploi du temps assez chargé me force à prioriser et le blog n'est pas prioritaire, justement (comme pas mal de hobbies, hélas). D'ici quelques semaines (mois ?), on reviendra à un rythme normal. 

Cela dit, j'arrive encore à jouer et à faire jouer (oui, cela passe avant les billets de blog). Si je maîtrise plusieurs chronique/série/saga sur quatre jeux différents, je ne suis joueur (du moins sur table) que sur Trucs trop Bizarres. Récemment, sous la conduite de mon ami Olivier Legrand, nous avons  entamé la troisième saison des Mystères à Whitby (sachant que cette série comportera quatre saisons, chacune composée de quatre épisodes). Encore une fois, nos deux héros (Rose et Mike, que j'interprète) ont eu maille à partir avec le No Man's Land et avec six jeunes gens pas épargnés par la vie. 

Le récit de cet épisode est en ligne ici. Bonne lecture !



dimanche 19 mai 2024

De bonnes adresses

Honte sur moi, aucun billet n'est venu enrichir ce blog depuis plus d'un mois. Il faut dire que j'ai eu un emploi du temps pas mal rempli (et ce n'est pas tout à fait réglé) et puis, d'abord, je fais ce que je veux dans ces colonnes. 

En attendant de prochains billets consacrés à des ouvrages rôludiques, des jeux de plateau ou des récits de parties, voici quelques ressources qui pourront intéresser certains d'entre vous.

Envie d'un cadre de jeu français pour Tales from the Loop ? 1984 Saclay est un supplément libre qui n'a pas grand chose à envier à des productions plus professionnelles. Il se décompose en deux livres, un pour le MJ, l'autre pour les joueurs.

Bien connu des joueurs de jeux de plateau, le site Okkazeo dispose d'une rubrique "jeu de rôle" : qui sait si vous n'y trouverez pas le bouquin qui manque à votre collection ? Attention cependant, les spéculateurs et autres arnaqueurs ne manquent pas sur ce site : je vous conseille de jeter un œil aux appréciations des vendeurs avant de sortir la carte bleue.  

Enfin, et j'y reviendrai dans un prochain billet, l'activité de Maître de Jeu "pro" (ou semi-pro) semble s'installer dans notre contrée. C'est ainsi que j'ai pu échanger (et rencontrer) le tenancier de Donjouons et Rôlons, qui propose depuis peu des parties de Trucs Trop Bizarres (et utilise d'ailleurs sa motorisation dans d'autres univers). Animé par un bel enthousiasme et une vraie sincérité, il mérite un coup de projecteur : voilà qui est fait !

mardi 2 avril 2024

Nouvelles du fond

Voici un rapide flash infos. Je manque actuellement de temps et d'inspiration pour ce blog, mais cela ne devrait pas durer (le temps de finaliser un gros projet personnel). 

On l'a appris tout récemment : Anne Vétillard, la Dame du Lac, est décédée le week-end dernier.  C'est évidemment une immense perte pour le monde rôludique et je présente mes condoléances à toutes celles et et ceux qui lui étaient proches. Je vous invite à revisionner son interview chez RôlisteTV.


Notre loisir continue de susciter l'intérêt des éditeurs puisque les Moutons Electriques viennent de lancer un financement participatif pour Jeu de Rôle !, qui reviendra sur notre hobby. Il y a dans la phrase précédente deux éléments qui font que je ne participerai pas à ce projet, qui est d'ores et déjà financé. 

Ce sera tout pour les nouvelles de ce jour (et si vous voulez mon avis, c'est bien assez).

vendredi 22 mars 2024

Jeu de Rôle Magazine, numéro 62

 En complément à l'article sur le numéro 63 de JdR Mag', qui était le premier de la renaissance, évoquons aujourd'hui le numéro précédent, pour deux raisons. La première, c'est que ce numéro est longtemps resté dans les limbes et qu'il a été finalement mis à disposition gratuitement lors du foulancement destiné à sauver le titre. La seconde, c'est qu'il est en train d'arriver dans les boîtes aux lettres des contributeurs, en version "physique", accompagnant ainsi le numéro 63.

Image Novalis

Les 116 pages de ce numéro sont bien remplies et affichent la même charte graphique que celle décrite pour le n°63. Jeu de Rôle magazine possède donc une identité esthétique propre et plutôt agréable. Son contenu est assez proche de celui du numéro suivant, à savoir quelques actualités, un dossier, des entretiens, des retours et des scénarios, ainsi que quelques articles plus techniques. On ne réinvente pas l'eau tiède, puisque c'est peu ou prou la structure d'un Casus Belli habituel. 

Les entretiens permettent d'en apprendre plus sur Damien Coltice (ex-BBE), Vincent Mathieu (l'auteur de Cats !) et Xavier Brault (celui d'Okimba). Notons que les jeux de ces deux derniers sont l'objet chacun d'un article, chaque fois très positif, même si les avis des joueurs (une bonne idée) tempèrent parfois ces appréciations.

D'autres jeux sont décortiqués : Quantiques (le gros morceau de ce numéro), LOGOS, ainsi qu'Hunter : le Jugement, de façon suffisamment précise pour qu'on se fasse une idée d'eux. L'article qui lui est consacré m'a permis d'y voir clair sur LOGOS, ce qui n'était pas gagné, étant donné l'hermétisme du projet. 

Je passe sur le sempiternel dossier (qui n'est pas si gros que cela, puisque tenant sur 2 pages) sur les financements participatifs, avec sa dose de graphiques (merci Excel !). Cette ode à la gloire d'un modèle économique qui me sort par les yeux gâche deux pages de bon papier, en ce qui me concerne. 

Trois scénarios, pour Donjon & Cie (qui a droit à une jolie coquille en couverture), Quantiques (la star du numéro, donc) et Iron Kingdoms. Pour éclectique qu'il soit, cet échantillonnage ne propose aucun "poids lourd" : j'imagine que c'est un choix de positionnement. Comme chaque fois, je n'ai pas (encore) lu ces scénarios et me garderais donc bien de vous faire un retour à leur sujet. 

Suit un joli article sur l'exposition consacrée aux Guerres de Religion et une étude sur Salut l'Amérique de G. J Ballard. Il m'a donné envie de le mettre sur ma pile à lire, c'est déjà ça. L'article final sur la conception des scénarios est assez intéressant, même s'il ne fait qu'énoncer des évidences. Son plus grand mérite sera de démystifier cette activité. 

Enfin, le dernier article évoque l'omniprésence  du combat dans le JdR. Il s'agit plus d'une réflexion au fil de l'eau que d'une véritable aide de jeu. Selon l'humeur, on trouvera ces colonnes plaisantes ou peu utiles. 

Bien qu'il aurait mérité une relecture attentive (parce qu'il accumule un nombre non négligeable de coquilles), ce numéro est bien rempli. Il a pu donner un aperçu de ce que veut être JDR Magazine à ses "sauveteurs", avec ses qualités et ses défauts. Il reste un petit effort de relecture à fournir (pour chasser les coquilles et rendre les articles plus lisibles) pour que JDR Magazine gagne en crédibilité. 

mercredi 13 mars 2024

Jeu de Rôle Magazine, numéro 63

Vous avez pu suivre le feuilleton de l'automne, durant lequel un financement participatif avait été lancé pour sauver JDR Magazine. Je ne reviens pas sur les multiples rebondissements de cette campagne maladroite mais sans doute sincère (les articles sont toujours disponibles, si ça vous intéresse). Le numéro 63, celui de la renaissance du magazine, a été livré en pdf aux sauveteurs contributeurs et sa version physique ne saurait tarder (en tout cas, on espère). Alors, cela en valait-il la peine ?

Image personnelle

Avec 116 pages, ce numéro 63, celui de la renaissance donc, affiche un contenu classique pour un magazine de jeu de rôle : un peu d'infos, des articles touffus et des scénarios. Au rayon des actualités, c'est concis, mais ce n'est finalement pas plus mal : étant donné le temps de bouclages, les nouvelles ne sont souvent plus très fraîches dans la presse rôliste. On passe juste après à un article sur une adaptation BD d'Hawkmoon, plutôt intéressant si vous êtes client. 

Un gros dossier est consacré à Cyberpunk et permet d'avoir une vision assez globale de son historique, de sa gamme, ainsi que de ce que permet ce jeu. Si le style de l'auteur est parfois un peu lourd, une chose est sûre : il connait la bête. Les différents articles consacrés à ce jeu permettent d'en avoir une vision assez globale, tant pour l'histoire de Cyberpunk que pour son univers. 

Le fait d'identifier les auteurs de chaque article et scénario par une petite vignette est, à mes yeux, un petit geste appréciable pour eux (mais point trop n'en faut, cependant). Notons aussi que JDR Mag n'est pas exempt de coquilles et de fautes d'orthographe, se plaçant ainsi au niveau de Casus Belli (et une balle perdue, une !)

Le (gros) article de synthèse sur le financement participatif du JdR en France sera apprécié par celles et ceux qui aiment les chiffres. Il manque cependant, dans ce tourbillon de graphique et de tableau (merci Excel) quelques données intéressantes : le taux de réussite des projets, le respect des délais annoncés et la satisfaction des souscripteurs (certes, peu évidente à mesurer). Ne parler qu'en termes d'euros (ou de k€, beurk), c'est une vision assez comptable et pas forcément représentative du secteur : si les éditions Sans-Détour ont plusieurs titres placés dans le Top 10, cela ne doit pas faire oublier la gabegie que cela a été pour les contributeurs (et la chute qui s'en suivit pour les dites éditions)... et ce n'est qu'un exemple. 

Enfin, que serait un magazine de jeux de rôle sans scénarios ? Ce numéro en comporte trois (et des gros) : le premier est pour L'Anneau Unique, le deuxième pour Les Héritiers (avec une proposition de contexte) et le dernier pour Missions : Old West. Je n'ai pas encore eu le temps de les lire mais ils je peux déjà dire qu'ils sont de belle taille. Espérons que la qualité sera au rendez-vous !

Ce numéro est bien rempli et peut rivaliser, tant en quantité qu'en qualité, avec ce que produit Casus Belli, le mètre-étalon de la presse rôlistique française. Reste à savoir si le niveau se maintiendra et, surtout, si le lectorat (ce public parfois bien difficile à cerner) suivra.